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L'OMS entend éradiquer le poliovirus sauvage

"L'analyse génétique" a révélé qu'une dose de vaccin antipolio oral pouvait se transformer en virus mortel de la poliomyélite et déclencher une épidémie, a récemment publié le magazine scientifique britannique Nature.

Le fait qu'une forme affaiblie du virus de la polio, appelé vaccin antipolio oral ou VPO, et administré aux enfants, puisse se transformer en virus virulent est une chose que l'on sait depuis la création du vaccin, s'accordent à dire les experts. Mais ce n'est que depuis peu que ce fait établi est devenu un problème: l'éradication générale n'a fait qu'accroître la susceptibilité au virus.

En 2000, une épidémie du poliovirus sauvage s'est déclarée dans l'île d'Hispaniola, dans les Caraïbes, tuant deux enfants et paralysant 19 autres.

A partir de la séquence génétique des échantillons du virus prélevé sur chacun de ces enfants, les virologues du "Center for Disease Control and Prevention" (Centre pour la prévention et le contrôle des maladies) d'Atlanta, en Géorgie, ont découvert l'origine du virus: une simple dose de VPO, administrée à un seul enfant. Les gènes qui permettent le développement du poliovirus et qui sont normalement "endormis" dans le vaccin, ont été "réveillés" par le virus d'Hispaniola, probablement lors de mutations accidentelles, lisait-on dans Nature.

Les enfants de l'île étaient plus susceptibles au virus car une proportion importante d'entre eux n'avait pas été totalement vaccinée. De plus, les gens avaient "relâché leur vigilance" concernant la vaccination de leurs enfants, car la région avait été officiellement déclarée "zone exempte de poliomyélite", a indiqué vendredi à IRIN Elias Durry, le coordinateur de l'OMS pour la polio dans la Corne de l'Afrique. Les conditions pour une épidémie étaient donc parfaites.

Cela signifie pour la campagne mondiale de vaccination contre la poliomyélite que le VPO doit être administré à tous les enfants de moins de cinq ans le plus rapidement possible dans les zones non vaccinées.

"Le problème ne réside pas dans le vaccin mais dans le système qui ne permet pas aux enfants de recevoir le vaccin," a indiqué M. Durry. Les 10 pays où le poliovirus sauvage est encore endémique se caractérisent par une population très élevée - comme l'Inde, le Pakistan ou l'Afghanistan - ou par la présence de conflits - comme l'Angola, le Soudan et la République démocratique du Congo.

"L'inaccessibilité des régions dévastées par la guerre est un gros problème," a indiqué M. Durry. "Afin de vacciner chaque enfant de moins de cinq ans, il faut atteindre chaque recoin d'un pays donné."

L'OMS entend éliminer la propagation du virus avant la fin de 2002, afin de certifier le monde exempt du poliovirus sauvage d'ici à 2005, et de mettre fin à l'utilisation du VPO. Afin d'atteindre son objectif, l'organisation a renforcé depuis 1999 sa campagne de vaccination anti-polio, avec notamment des vaccinations de maison en maison dans les zones rurales, une meilleure surveillance des symptômes et une multiplication des équipes de vaccination.

A propos du cas d'Hispaniola, M. Durry a déclaré: "C'est inquiétant mais cela nous donne aussi la force de continuer notre mission, qui est d'éradiquer le virus... Si un cas semblable à celui d'Hispaniola se présente à nouveau, cela n'est pas un problème. Nous irons tout simplement dans la région infectée et nous vaccinerons tout le monde de façon totale."

En 2000, on recensait 675 cas de poliovirus sauvage dans le monde, rapporte l'OMS, contre seulement 473 en 2001.



This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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