Les avocats ont indiqué qu'ils n'ont été informés que le vendredi 15 mars des chefs d'accusation contre leurs clients, soit le jour même de l'ouverture du procès, et ont relevé que même les quinze jours de suspension accordés n'allaient pas suffire, selon l'agence de presse Associated Press (AP).
"Il y a plus de mille pages à lire et les cas sont très complexes", a rapporté AP, citant un avocat de la défense, Félix Hamuli. "Les quinze jours de délai accordés ne sont tout simplement pas suffisants", a-t-il ajouté.
Laurent-Désiré Kabila a été assassiné le 16 janvier 2001 au palais présidentiel à Kinshasa, la capitale de la RDC, vraisemblablement par ses propres gardes du corps.
"Par égard au droit de la défense, nous avons accepté leur requête et avons reporté l'audience au mercredi 3 avril", a informé l'Agence de presse associée (APA), un service d'information congolaise privé, qui reprenait le général Nawele Mukongo, président de l'ordre du tribunal militaire.
L'assassinat et la trahison sont les deux principales accusations à l'encontre de la majorité des accusés, bien qu'Eddy Kapend, l'ancien chef de la sécurité de Kabila, soit également accusé d'avoir désorganisé le bureau de l'état major militaire, privant d'information le président, a rapporté APA.
M. Kapend aurait changé les personnes chargées de la sécurité du défunt président Kabila, et aurait abattu l'assassin présumé alors que celui-ci avait déjà été immobilisé, précise la dépêche.
Il est accusé d'avoir tenté de s'emparer du pouvoir le jour de l'assassinat en se saisissant de la radio et de la télévision publique pour émettre des ordres à l'armée, lui demandant notamment de fermer les frontières, d'après l'APA.
M. Kapend est également accusé d'avoir commandité le meurtre de cinq soldats et de onze commerçants libanais (supposés complices dans la préparation de l'assassinat de Kabila) à Kinshasa, a-t-elle poursuivi.
Un mois environ après l'assassinat de Kabila, M. Kapend a été interpellé, de même que d'autres responsables civils et militaires et des membres de leurs familles. Les organisations des droits de l'homme proclament que beaucoup d'accusés ont été torturés durant leur année de détention, et que peu voire aucun d'entre eux, n'ont eu accès à des avocats ou à des informations sur leur affaire, d'après AP.
Laurent-Désiré Kabila a pris le pouvoir en RDC en mai 1997 après que ses troupes, appuyées par le Rwanda et par l'Ouganda, aient déchu le gouvernement de Mobutu Sésé Seko. Le fils de Kabila, Joseph, lui a succédé et demeure le président de la RDC.
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