Dans un communiqué publié lundi, les membres de la société civile ont instamment prié la Mission de l'ONU en RDC (connue sous son sigle français 'MONUC') de se déployer immédiatement dans tous les points contestés du pays, tels que Moliro dans le sud-est. Il ont aussi appelé à ce que le mandat de la mission soit changé en mise en force de la paix.
Le communiqué de la société civile a demandé aux belligérants dans le conflit de la RDC de respecter leurs engagements concernant le cessez-le-feu, et de faire preuve de respect à l'égard du peuple du Congo, des participants au dialogue, du facilitateur et de la communauté internationale, qui a offert "une ultime occasion".
La demande fait suite à la capture samedi de Moliro - sur la rive sud-occidentale du lac Tanganyika, dans la province de Katanga Province - par le groupe rebelle Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), épaulé par le Rwanda, et à une accusation de la France que des soldats rwandais y avaient pris part. Tant le RCD que le Rwanda ont démenti avec véhémence les accusations.
La délégation gouvernementale de la RDC au dialogue à Sun City a suspendu sa participation depuis le 14 mars, en protestation contre ce qu'elle a qualifié de violation à Moliro de l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, signé en 1999.
Lundi, aussi bien la France que les Etats-Unis ont invité toutes les forces armées en RDC à cesser les combats, faisant ainsi écho aux "graves" inquiétudes exprimées samedi par le Secrétaire-Général de l'ONU, Kofi Annan, concernant les récents affrontements. Un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, circulé par la France, stipule qu'aucune partie au cessez-le-feu de 1999 tendant à mettre fin à la guerre civile au Congo ne devait se permettre des avancées militaires alors qu'un processus de paix, contrôlé par des observateurs de l'ONU, est en cours, a rapporté ce mardi l'agence de presse Associated Press (AP).
Le projet de résolution, s'il est adopté, appelerait les parties au cessez-le-feu "à s'abstenir de toute actions militaires ou autre provocation" au moment où se tient le DIC, et exhorterait la délégation gouvernementale de la RDC à retourner à la table des négociations.
Le porte-parole du Département d'état américain, Richard Boucher, a déclaré lundi que Washington appelle toutes les forces armées en RDC à cesser les opérations militaires et à se conformer à l'accord de cessez-le-feu.
Le Représentant spécial de Kofi Annan en RDC, Amos Ngongi, a annoncé que le sommet des chefs d'Etat signataires de l'Accord de Lusaka est prévu pour le 22 mars à Lusaka, en Zambie. Une autre réunion du comité politique représentant les six pays et les deux mouvements rebelles, le RCD et le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), est également prévue le 20 mars à Lusaka.
Les deux réunions discuteront de la situation à Moliro et des moyens de trouver une solution à l'impasse actuelle dans le DIC, a-t-il indiqué.
M. Ngongi a indiqué que l'ONU envisageait le déploiement de soldats de la MONUC à Moliro, mais qu'il ne peut avoir lieu qu'après un accord à cet effet entre les rebelles et le gouvernement.
"Nos observateurs ne sont pas armés et nous avons besoin de garanties de sécurité de tous les côtés", a-t-il déclaré, cité par AP. "Nous avons besoin d'une position commune de tous les côtés", a-t-il ajouté.
Quatre membres de la MONUC se trouvent actuellement à Moliro, après avoir obtenu l'autorisation du RCD d'entrer une deuxième fois dans la localité. Les observateurs de la MONUC y resteront "jusqu'à nouvel ordre", a annoncé l'ONU mardi.
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