pourparlers entre la République démocratique du Congo (RDC) et ses
opposants, le dialogue intercongolais semblait dans l'impasse sur la
question du rôle que jouerait le président Joseph Kabila, dans un
gouvernement transitoire.
Le gouvernement de la RDC maintient sa position selon laquelle la charge de
président de la RDC n'est pas vacante. Tout argument contraire ne figure pas
dans l'Accord de cessez-le-feu de Lusaka qui constitue la trame des
négociations intercongolaises à Sun City, a rétorqué le ministre congolais
des droits de l'homme, Ntumba Luaba.
Selon les termes de l'accord de paix, signé en 1999 entre trois parties
belligérantes congolaises et cinq pays ayant déployé des troupes en RDC, la
question d'un " nouvel ordre politique " et celle de " nouvelles
institutions politiques " doivent figurer à l'ordre du jour du dialogue
intercongolais.
" Le statut du président est inclus dans le nouvel ordre politique, "
affirme Catherine Nzuzi Wa Mbombo, chef du Mouvement populaire de la
révolution, l'un des principaux partis de l'opposition du pays. " Joseph
Kabila sera peut-être capable de revenir, mais pas par la ruse, " a-t-elle ajouté.
" Le Congo n'a pas de constitution, " a indiqué un porte-parole rebelle,
Olivier Kamitatu, secrétaire général du Mouvement pour la libération du
Congo (MLC). " Bien sûr, la question des principaux acteurs doit figurer au
menu de nos discussions. C'est évident, surtout si nous parlons des
nouvelles institutions adoptées par consensus entre les 360 participants. "
Mais selon le gouvernement, Joseph Kabila doit rester à la tête de l'Etat
jusqu'à la tenue des élections, en tant que " garant de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale à une époque où le pays est envahi et occupé ", selon M. Luaba. " Les autres parties veulent se concentrer sur certains postes politiques avant de poursuivre le dialogue. Ils veulent passer deux ou trois semaines à débattre de cette question, mais c'est une très mauvaise suggestion. "
" Autour du chef de l'Etat, nous prévoyons une redistribution des rôles, " a concédé M. Luaba, ajoutant que tous les nouveaux ministres devraient être désignés par M. Kabila.
Le ministre congolais de la communication, Kikaya bin Karubi, a évoqué un point semblable : " Le gouvernement est prêt à faire entrer les membres d'autres partis dans de nouvelles structures, dans un parlement et dans une commission électorale. Mais nous ne sommes pas ici pour choisir un nouveau
président. Il existe un gouvernement en place, " a-t-il commenté à l'AFP.
Joseph Kabila, âgé de 30 ans, est arrivé à la tête du pouvoir en janvier
2001, quelques jours après l'assassinat de son père, l'ancien président Laurent-Désiré Kabila. La RDC ne dispose plus de règles officielles régissant le transfert de pouvoir depuis que Kabila père - qui dirigea une rébellion en vue de renverser Mobutu Sese Seko, président depuis 1965 - a suspendu la constitution en 1997.
Le seul dirigeant congolais à avoir été, à ce jour, élu démocratiquement fut le nationaliste Patrice Lumumba, au lendemain de l'indépendance acquise en 1960, mettant un terme à 75 ans de puissance coloniale belge. Lumumba,
figure de proue de l'indépendance, a été renversé quelques mois après son
élection et assassiné en février 1961.
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