ont exigé l'expulsion des chefs de sécurité rwandais et ougandais du
dialogue intercongolais qui se tient actuellement à Sun City en Afrique du
Sud.
Le ministre des affaires étrangères de la RDC, Léonard She Okitundu, s'est
dit très surpris par la présence d'officiers rwandais et ougandais aux
pourparlers intercongolais, " qui s'entretenaient librement et sans vergogne avec leurs protégés ".
M. Okitundu a demandé que le gouvernement sud-africain et les organisateurs du dialogue congédient les officiers rwandais et ougandais, au motif que leur présence constitue une menace à la sécurité de la délégation de Kinshasa, et parce qu'ils ne répondent à aucun des critères établis pour occuper une place d'observateur au sein des pourparlers.
Il a rappelé que selon les termes d'un accord conclu avec les parties au
dialogue, seuls les représentants des Nations Unies, l'Organisation de
l'unité africaine, l'Union européenne et la Zambie sont autorisés à
participer aux négociations en qualité d'observateurs.
" L'ingérence " des autorités politiques et militaires du Rwanda et de l'Ouganda " visent à bloquer le début des réunions et empêcher les Congolais de résoudre leurs problèmes entre eux ", estime-t-il. Le ministre congolais de l'information, Kikaya Bin Karubi a indiqué que le Rwanda et l'Ouganda avaient envoyé une " armée d'espions et de soldats " aux pourparlers.
Un porte-parole du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD),
mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, voit dans les revendications du
gouvernement une volonté de s'écarter des vraies questions. " C'est
ridicule, " a-t-il dit. " Une armée d'espions ? Il faudrait qu'ils le
prouvent. On nous a dit qu'un officier du Zimbabwe est ici, mais nous ne
considérons pas sa présence comme une menace pour notre sécurité. Nous ne
voyons aucun inconvénient à ce que les Zimbabwéens et les Angolais assistent
à ce qui se passe. "
Le Zimbabwe et l'Angola sont alliés au gouvernement de Kinshasa tandis que
le Rwanda et l'Ouganda soutiennent respectivement les mouvements rebelles,
le RCD et le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), qui contrôlent une grande partie de l'est et du nord de la RDC. Aucun des belligérants étrangers impliqués dans le conflit en RDC n'ont été invités à participer aux pourparlers. Contactés en fin de semaine dernière, les organisateurs du dialogue se sont déclarés dans l'impossibilité d'apporter des commentaires sur ce point.
De son côté, le leader de l'opposition congolaise, Etienne Tshisekedi -candidat à la présidence de la RDC - a fait savoir au cours d'un
entretien diffusé vendredi 1er mars sur Radio France Internationale qu'il
restait optimiste quant au dénouement de la controverse sur la
représentation de l'opposition non armée qui a conduit les pourparlers dans l'impasse.
Il a précisé que les membres de l'opposition étaient forts mécontents de ne pas avoir été consultés par les facilitateurs des pourparlers qui ont établi la liste de leurs représentants. " Il faut pouvoir respecter l'autonomie de
l'opposition politique, c'est-à-dire, permettre à l'opposition politique de
choisir ses propres candidats, " a-t-il commenté. Grâce à l'intervention des
autorités sud-africaines, il pense cependant qu'une solution a été trouvée
qui permettra aux leaders de l'opposition incontestée de choisir les autres candidats au sein de leurs propres groupes.
" Tout le monde doit être satisfait ... chaque groupe doit se sentir à l'aise. Aucun groupe ne devrait se sentir lésé par certaines dispositions non conformes aux pratiques normales, " selon M. Tshisekedi.
Le 26 février, soit le lendemain de son ouverture, le dialogue s'est
retrouvé au point mort face aux objections soulevées par les membres de
l'opposition non armée, le RCD et le MLC sur le choix des émissaires de
l'opposition. Un certain nombre d'entre eux, affirme-on, sont des façades du gouvernement du président Joseph Kabila et non de " réels " représentants de l'opposition.
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