parties belligérantes en République démocratique du Congo (RDC) ont été
suspendus mercredi, à la suite des accusations échangées entre les
représentants du gouvernement et les rebelles.
On espérait que la tenue de discussions entre le gouvernement congolais et deux groupes rebelles permettrait de résoudre la querelle sur la question de savoir qui devrait participer au dialogue intercongolais entamé lundi mais interrompu dès le lendemain.
Or, ces négociations tenues en marge du dialogue ont semblé soulever plus de
problèmes qu'elles n'en ont résolu, a fait observer un rédacteur d'IRIN.
Les principaux négociateurs de la partie rebelle ont déclaré mardi qu'il
était inutile de poursuivre les pourparlers tant que le cessez-le-feu en RDC, prévu dans le cadre de l'accord de paix de Lusaka signé en 1999, n'était pas respecté. Ils ont également demandé au facilitateur du dialogue, Ketumile Masire, de renvoyer 20 émissaires de l'opposition qui, selon eux, ne seraient que des laquais du gouvernement.
Par ailleurs, l'un des négociateurs rebelles, le secrétaire général du
mouvement soutenu par le Rwanda, le Rassemblement congolais pour la
démocratie (RCD), Azarias Ruberwa, a soulevé deux problèmes : la sélection
du facilitateur pour les représentants de la milice Mayi-Mayi de l'est de la
RDC, et la décision du médiateur de passer de 9 à 16 le nombre de
représentants d'une faction dissidente du RCD, le RCD-ML.
Le gouvernement et les rebelles admettent la recrudescence des combats à l'est de la RDC, à proximité du lac Tanganyika. Le porte-parole du
gouvernement, Vital Kamehre, a déclaré que les violences ont repris le 22
février lorsque les forces armées rwandaises et leurs alliés du RCD ont
attaqué Moliro, sur les rives du lac.
Le porte-parole du RCD, Bizima Karaha, a indiqué que le gouvernement avait
lancé la première offensive et avait repoussé le RCD de 100 km. Des sources
diplomatiques de Sun City ont affirmé que l'armée rwandaise et le RCD ont
attaqué Moliro le 22 février puis ont reculé, suivies des forces
gouvernementales qui se trouvent maintenant du mauvais côté de la ligne de cessez-le-feu.
L'armée rwandaise aurait menacé, à plusieurs reprises, d'intervenir à
Moliro, une localité que le gouvernement, aurait occupée en violation de l'accord de cessez-le-feu. " Ce n'est pas une coïncidence si des combats ont lieu en ce moment, " a commenté un diplomate, laissant entendre que le dialogue intercongolais n'intéressait pas vraiment les belligérants.
Un haut responsable du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), le
groupe rebelle qui refuse de participer au dialogue intercongolais en raison de présumées discriminations à l'encontre de certains groupes de
l'opposition, a déclaré : " Le gouvernement a lancé une offensive le jour où les pourparlers ont débuté. Le gouvernement a l'intention de bloquer tout le processus, " d'après allAfrica.com.
Le gouvernement de M. Kabila a rétorqué que les rebelles " créaient de faux
problèmes et exagéraient leurs accusations à seule fin de manipuler la
communauté internationale ".
Entre-temps, les politiciens de l'opposition dont la participation au
dialogue est remise en question, ont dû rester à Johannesburg en attendant
que la querelle sur leur participation soit résolue.
Un délégué, Arthur Z'Ahidi Ngoma, des Forces du futur parti, a accusé le
gouvernement sud-africain d'ingérence injustifiée dans les affaires
congolaises, et a dénoncé le fait que les délégués ont été " détenus " dans
l'hôtel Town Lodge de Johannesburg et traités comme du " bétail " lorsqu'ils
ont voulu rejoindre Sun City.
M. Ngoma, qui a révélé être revenu " en secret " mercredi à Sun City, après
avoir été renvoyé lundi avec un groupe de délégués, affirme que le
gouvernement sud-africain n'avait pas le droit de les empêcher d'aller à Sun
City.
Par ailleurs, 30 délégués de l'opposition, qui attendaient dans la capitale de la RDC, Kinshasa, ont fait savoir qu'ils boycotteraient le dialogue si tous les membres du groupe contesté étaient invités à participer, a indiqué à IRIN une source de Sun City.
Les délégués ont poursuivi leurs discussions tard dans la soirée de mercredi en vue de tenter de sortir le dialogue de l'impasse.
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