L'expansion et l'offre d'opportunités de réinsertion à court et à long terme est à présent possible, à l'issue du processus de désarmement et de démobilisation au début du mois de janvier, a déclaré le 8 février Francis Kai-Kai, le secrétaire exécutif du Comité national pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (NCDDR-anglais). Entre mai 2001 et janvier 2002, 47 766 combattants, notamment des ex-rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) et des Forces de défense civile (CDF), alliées au gouvernement, ont été désarmés, démobilisés et réformés. Parmi eux, quelque 4 370 étaient des enfants soldats.
Dans le but d'aider à leur réinsertion dans la communauté, le NCDDR offre maintenant aux ex-combattants des opportunités dans des domaines comme l'agriculture, la formation professionnelle et le développement des petites entreprises, l'enseignement formel, les plans d'apprentissage et les travaux publics. Sur les 29 656 ex-combattants inscrits pour bénéficier d'un appui du NCDDR à la réinsertion, environ 17 951 ont participé aux programmes, dont la durée varie entre six et douze mois. Quelque 368 enfants soldats ont aussi été appuyés dans plusieurs types de formation, a précisé M. Kai-Kai.
Ces programmes sont surtout disponibles dans les parties du pays où les rebelles ne s'étaient pas établis durant les dix ans de guerre avec le gouvernement sierra léonais. Beaucoup de personnes qui viennent d'être désarmées et démobilisées, vivant dans l'ancien territoire rebelle, nommément l'est et le nord de la Sierra Leone, n'ont pas été en mesure d'en profiter en raison de l'infrastructure économique et sociale limitée dans ces régions. Le retour lent des institutions et des initiatives publiques, des ONG et du secteur privé dans ces régions accroît le défi de la réinsertion, a relevé M. Kai Kai, ajoutant que la plupart des institutions requièrent des investissements dans l'édification des capacités et de l'infrastructure avant d'envisager de retourner. Des discussions vont bon train pour trouver des moyens d'étendre la capacité du NCDDR de fournir le service requis dans les trois prochains mois.
Plus de 4 600 ex-combattants sont déjà diplômés après un appui à court terme, et ce nombre est appelé à s'accroître dans les prochains mois. Certains participent à des activités de reconstruction et de réparation dans plusieurs communautés mais, a averti M. Kai Kai, le chômage est une menace réelle pour eux si l'économie ne se redresse pas assez rapidement pour créer des emplois. Pour remédier à cela, le NCDDR est entrain de renforcer ses liens avec des initiatives centrées sur la communauté et avec des activités de redressement national, incluant la Commission nationale pour l'action sociale et d'autres partenaires ayant un mandat plutôt à moyen et à long terme pour des programmes de relance communautaire. Il sera axé sur le développement d'une transition souple allant des initiatives basées sur la communauté vers celles qui encouragent la réinsertion dans la communauté.
Le financement est « un facteur critique dans la mise en oeuvre du programme de DDR », a noté M. Kai-Kai. Les dépenses prévisionnelles se chiffrent à quelque 34,4 millions de dollars, dont 77 pour cent complétera le paiement des allocations de réinsertion, un paiement en espèces pour aider les ex-combattants et leurs familles à la suite de la démobilisation et de la réforme, et pour l'appui à la réinsertion. Si on prend en compte les annonces de contribution, il reste encore un déficit de près de 13, 5 millions de dollars, a-t-il poursuivi.
Le programme du NCDDR a été établi en 1998 pour appuyer une stratégie de paix et pour aider à consolider le processus politique. Le désarmement des ex-combattants, tel qu'agréé dans le cadre de l'Accord de paix de Lomé signé par le RUF et par le gouvernement en juillet 1999, a été interrompu en mai 2000 après la reprise des hostilités. Un cessez-le-feu a été signé dans la capitale nigériane, Abuja, en novembre 2000, et un accord politique pour reprendre le désarmement a été conclu en mai 2001.
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