Dans son allocution, diffusée sur les ondes de Radio Rwanda et reprise le 26
janvier par la BBC, M. Kagamé a affirmé que le conflit congolais était
principalement dû à la présence en RDC de ces deux groupes, responsables du
génocide de 1994 au Rwanda ayant entraîné la mort d'environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés.
" Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on a entretenu pendant si
longtemps une telle ambiguité autour de ce problème, " a ajouté le chef
d'Etat rwandais.
Il a reconnu que l'exploitation des richesses en RDC est une question grave
et que ceux qui en portent la responsabilité devront en répondre. " Mais on ne peut pas considérer que cette exploitation est à l'origine de ce qui se passe ... et n'est en aucun cas la cause de la persistance du problème," a-t-il déclaré.
" Si nous ne remontons pas à l'origine du problème, si nous ne trouvons pas
les solutions vraiment appropriées et continuons d'aborder ces questions
dans la diplomatie, alors je pense que le résultat sera très clair. Nous
continuerons d'avoir des informations contradictoires sur les causes de ce
conflit."
Le président rwandais a ajouté qu'il ne comprend pas pourquoi la communauté
internationale refuse d'affronter les faits et préfère se concentrer sur des
questions qui ne sont d'aucun secours. Il a lancé un appel à la communauté
internationale pour qu'elle aide le Rwanda à aller de l'avant, et s'attache
à bien comprendre les problèmes du pays. Il a précisé que lorsque les
problèmes du Rwanda sont évoqués, c'est toujours pour laisser le soin aux
Rwandais de les régler eux-mêmes. M. Kagamé a refusé pendant longtemps de
retirer ses troupes de la RDC tant que la milice rwandaise n'a pas été
désarmée par l'actuel président de la RDC, Joseph Kabila.
Entre-temps, le président Kabila a cité le retrait de l'armée rwandaise
comme condition préalable à la mise en ouvre du processus de désarmement.
" Je ne vois pas comment le Rwanda pourrait se croiser les bras et attendre qu'un nouveau génocide se produise, " a réitéré M. Kagamé au cours de son intervention, faisant allusion à l'hypothèse d'une attaque sur le territoire rwandais par l'Interahamwe et les ex-FAR.
Dans un récent rapport intitulé " Poverty in the midst of wealth " (pauvreté au cour de la richesse), Oxfam accuse le Rwanda d'exploiter les richesses minières de la RDC, affirmant que les préoccupations en matière de sécurité ne peuvent à elles seules justifier l'ampleur du déploiement des nombreuses
troupes rwandaises déployées en RDC. Selon le rapport, les troupes
rwandaises sont concentrées dans les régions riches en coltan, or, bois et
diamants. Cette présence militaire semble apporter " d'autres bénéfices qui aident à maintenir le statu quo ", d'après le texte.
Oxfam a souligné que M. Kagamé a publiquement refusé l'assistance de la
Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) le long de la frontière entre le Rwanda et la RDC, où la situation sécuritaire est la plus menacée. " Grand nombre d'analystes des questions liées à la guerre en RDC s'accordent à dire que le gouvernement rwandais aurait pu et aurait dû faire plus d'efforts pour régler les problèmes de sécurité au cours de ses quatre années
d'occupation, " a ajouté Oxfam.
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