"La station répondra en priorité aux besoins des personnes affectées par le conflit," a-t-il dit.
La station, baptisée Radio Okapi, entend également promouvoir une résolution pacifique de la guerre civile qui déchire le pays, et diffuser des émissions de divertissement et des informations impartiales. Emettant sur modulation de fréquence (FM) et sur des ondes courtes, elle diffusera ses programmes dans au moins trois langues locales, en plus du français et de l'anglais. Elle communiquera aussi des informations issues de sept stations FM régionales et de stations à modulation de fréquence et à ondes courtes dans la capitale Kinshasa. Une centaine de personnes est actuellement recrutée, la majorité étant issue de la population locale. Des expatriés dirigeront les stations.
A l'heure actuelle, aucun média en RDC n'est capable d'émettre à l'échelle nationale, bien que le gouvernement ait annoncé son intention de le faire. Il existe peu de stations politiquement indépendantes bien que Radio Amani à Kisangani, dans le nord-est, et Radio Maendeleo dans la ville orientale de Bukavu, aient réussi à survivre en tant que médias indépendants. Ces stations émettent depuis trois ans de façon intermittente mais leur portée est très limitée.
Le matériel de diffusion d'Okapi sera gratuitement mis à la disposition d'autres médias locaux. Radio Okapi permettra aux Congolais d'échanger leurs vues à travers les diverses régions politiques du pays, ont affirmé les organisateurs. Les stations de transmission de la radio ont obtenu une garantie de non censure en vertu d'accords signés avec diverses autorités de République démocratique du Congo, et elles émettront à partir de bases de missions militaires de l'ONU, gardées par des casques bleus.
"C'est une bonne idée d'allouer des ressources à une nouvelle station de radio," a indiqué à IRIN un journaliste congolais, Juakali Kabali. "Nous pouvons faire confiance à une organisation internationale soutenue par les Nations Unies."
Pour commencer, Okapi diffusera quotidiennement deux heures de programmes, tout d'abord de Kinshasa, puis dans les deux mois à venir, à partir de stations régionales. Cependant, la coulée de lave qui a enseveli la ville orientale de Goma a retardé la date de lancement et obligé une des stations à déménager dans la ville de Bukavu, ont indiqué les organisateurs.
Les autres stations prêtes à être lancées sont installées à Kisangani, dans le nord-est, à Mbandaka, dans le nord-ouest, et à Kalémie dans l'est. Il est également prévu d'implanter des stations à Kindu dans l'est, à Bunia dans le nord-est, et à Gbadolite dans le nord-ouest, au fur et à mesure que des troupes de l'ONU seront envoyées dans ces villes, ont précisé les organisateurs.
Les thèmes abordés en priorité par la station seront le dialogue intercongolais, le désarmement des groupes armés et la réintégration des anciens combattants. Les principaux sponsors de ce projet sont les gouvernements suisse et britannique. Jusqu'à présent, le projet dispose d'un budget de 2,67 millions de francs suisses (environ 1,63 millions de dollars), ont souligné les organisateurs.
La Fondation Hirondelle, spécialisée dans la diffusion d'informations impartiales dans les zones de conflits, a été créée en 1994 par le journaliste suisse Philippe Dahinden, en réponse à la station de radio rwandaise de la haine, Mille Collines. Radio Agatashya, diffusant au Rwanda et en RDC, a été la première réalisation de l'ONG. Depuis lors, elle a lancé des stations de radio au Liberia, au Timor, au Kosovo et en République centrafricaine.
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