Les deux chefs d'état se sont rencontrés à Londres, sous les auspices du gouvernement britannique, pour tenter d'apaiser la tension grandissantes entre les deux anciens alliés. Récemment, la tension était à son comble le long de leur frontière commune d'où l'Ouganda venait juste de retirer un bataillon de soldats. Le Rwanda craignait une invasion de l'Ouganda qui, de son côté, accusait Kigali d'héberger des dissidents ougandais. A l'issue d'un sommet de six heures, décrit dans un communiqué conjoint comme "bon, fructueux et franc", les deux hommes ont affirmé le désir de leur pays de rétablir de bonnes relations.
"Je ne crois pas en la préservation des problèmes, je crois en la préservation de la paix", a déclaré M. Museveni mercredi dans une information diffusée par la BBC.
« Je suis désappointé d'avoir eu un problème avec l'Ouganda, a affirmé M. Kagame, un ancien officier supérieur de l'armée ougandaise, dans la même émission. « Pourquoi devrions-nous avoir des problèmes après tout ? »
M. Museveni a indiqué à la BBC qu'une commission conjointe allait examiner les raisons des tensions sous-jacentes. La commission, qui d'après M. Museveni entamera ses travaux dans une semaine, enquêtera également sur les plaintes faisant état d'activités de dissidents dans les deux pays et recommandera des mesures correctives.
L'Ouganda avait épaulé M. Kagame lorsque ses Forces patriotiques rwandaises avaient envahi le Rwanda à partir de l'Ouganda en 1994 pour mettre fin au génocide contre quelque 800 000 à un million de Tutsis et de Hutus politiquement modérés. En 1996, Kampala avait appuyé M. Kagame quand Kigali avait soutenu l'Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre dans sa marche vers l'est de la RDC (Zaïre à l'époque) contre l'armée rwandaise (ex-FAR), principalement hutue et les milices hutues Interahamwe, accusées du génocide. L'appui de M. Kagame aux forces de l'alliance avait abouti à une offensive tous azimuts ayant conduit au renversement du président zaïrois, Mobutu Sésé Seko.
L'alliance a fini par se diviser, avec le Rwanda et l'Ouganda appuyant différentes factions. Par la suite, les troupes rwandaises et ougandaises - appuyant toujours les groupes rivaux - se sont affrontées en 1999 à Kisangani, une ville du nord-est de la RDC. Les groupes rivaux, parfois décrits comme des délégués rwandais et ougandais qui se battent à présent contre le gouvernement de la RDC, avaient annoncé récemment qu'ils uniront leurs forces et qu'ils pourchasseront les dissidents rwandais et ougandais en RDC qui, de l'avis de Kampala et Kigali, les avait amenés en RDC initialement.
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