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"Je crois que tout le monde tient à la paix", affirme Kabila

A l'issue d'une réunion jeudi avec le Secrétaire d'Etat américain Colin
Powell, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph
Kabila, a déclaré à la presse: "Il n'y a aucun obstacle à présent et je crois
que tout le monde tient à la paix."

Selon l'AFP, M. Kabila a dit: "Tout le monde a compris que l'espoir réside
dans la paix pour la région tout entière. 2002 sera une année de paix pour la région."

M. Kabila était cette semaine en visite aux USA afin de rencontrer des
responsables du gouvernement américain et de participer au Sommet d'affaires
américano-africain de Philadelphie, organisé par le Conseil des entreprises pour l'Afrique.

"Lorsque la RDC aura trouvé la paix, il en sera de même pour la sous-région, du fait de la dimension internationale de notre conflit," a informé jeudi la BBC, citant M. Kabila.

"Nous serons en mesure de libérer des ressources rares et indispensables pour les consacrer à des activités productives et à la promotion de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté," a-t-il ajouté.

Les efforts visant à trouver cette paix durable ont été interrompus à la
mi-octobre lorsque la délégation du gouvernement congolais participant au
dialogue intercongolais à Addis Abeba, en Ethiopie, a quitté la table des
négociations pour la réconciliation et la paix nationale.

Après avoir critiqué le facilitateur des pourparlers, l'ancien président
botswanais Ketumile Masire, pour avoir mal préparé la conférence, M. Kabila
s'est montré plus conciliant cette semaine.

"Je dirais que c'est de notre faute à tous: les rebelles, le facilitateur et, en toute objectivité, peut-être que le gouvernement n'a pas suffisamment motivé les participants pour que les choses avancent," a-t-il reconnu dans un entretien mardi avec allAfrica.com. "Par conséquent, nous sommes tous fautifs. Mais le plus important est de regarder l'avenir et d'essayer de faire mieux la prochaine fois."

Les négociations de paix doivent reprendre en Afrique du Sud, où le
gouvernement a proposé de prendre à charge une grande partie des frais. La
date et le lieu de la réunion ne sont pas encore fixés, mais selon des
sources proches de l'équipe de M. Masire, les négociations auront
probablement lieu début 2002.

"Le fait que nous ayons un dialogue est un pas positif en lui-même," a confié M. Kabila à allAfrica.com. "Il y aura toujours des contradictions et des points sur lesquels nous ne serons pas d'accord. C'est normal. Donc, somme toute, pour moi la réunion [d'Addis Abeba] a été positive."

L'objectif principal des pourparlers de paix consiste à préparer une nouvelle constitution pour mettre en place un gouvernement de transition, avec en bout de course des élections nationales.

"Lorsque je parle d'élections, ce n'est pas simplement un souhait. C'est un engagement, une promesse qui date de 1997 lorsque la révolution a triomphé," a-t-il ajouté. "Nous avions promis des élections libres et justes dans les deux ans à partir de 1997. Dommage que la guerre ait éclaté un an plus tard, nous n'avons donc pas eu le temps de tenir notre promesse."

En août 1998, une offensive fut lancée par une coalition de forces rebelles
congolaises, rwandaises et ougandaises contre le gouvernement du père de
Joseph Kabila, Laurent-Désiré Kabila. Grâce à l'intervention de troupes
d'Angola, de Namibie et du Zimbabwe, Kabila père se maintint au pouvoir,
gardant sous son contrôle seulement une moitié du territoire congolais.
L'accord de paix de Lusaka signé en 1999 promit de rétablir la paix en RDC
mais ses tentatives d'application restèrent sans effet jusqu'à la nomination à la présidence de Joseph Kabila en janvier 2001, date de l'assassinat de son père par un garde présidentiel.

"Mais il faut réunir les conditions nécessaires à la tenue d'élections
démocratiques véritablement justes et libres," a indiqué M. Kabila. "Tout
d'abord, le pays doit être uni, l'administration ne doit faire qu'un. Il faut de la transparence afin de permettre à chaque parti politique ou candidat de mener la campagne de son choix. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."

"Si le pays est réunifié dans les 12 ou 18 mois à venir, je pense qu'avec
l'aide de la communauté internationale, nous pourrons alors organiser des élections."

Interrogé sur la possibilité de sa candidature dans de telles élections, il a répondu: "Si l'on me donne la chance de servir mon pays, comme je le fais en ce moment, je le ferai de tout mon coeur et avec beaucoup d'amour."

Il a exhorté la communauté internationale à faire preuve de patience et de prudence dans son soutien à la réalisation du processus de paix. "Je suis moi-même très confiant sur le fait que nous avançons dans la bonne direction," a-t-il dit à allAfrica.com. "Les gens veulent que nous avancions très vite, trop vite. Mais c'est une situation qui existe depuis plus de 40 ans. On ne peut pas la changer en l'espace de 30 ou 40 jours. C'est un processus que nous avons initié. L'important est de ne pas nous rétracter, de ne pas revenir sur nos promesses."

Questionné sur le rôle que la communauté internationale pourrait jouer dans la réunification de la RDC, M. Kabila a répliqué que le Congo n'avait pas besoin de "millions ou de milliards de dollars".

"Que faire avec de l'argent dans un pays divisé? Au lieu de me promettre de l'argent, promettez-moi la paix. Faites qu'elle se réalise," a-t-il plaidé


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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