leurs biens, a déclaré le président Pierre Buyoya peu de temps après avoir
été assermenté pour présider la nouvelle administration durant les 18
premiers mois de la période de transition fixée à trois ans.
"J'appelle les pays de la sous-région, l'équipe de facilitation, la
communauté internationale et tous ceux qui ont été impliqués dans notre
processus de paix à continuer de nous aider afin d'instaurer un cessez-le-feu le plus rapidement possible," a-t-il souligné.
Deux groupes rebelles pro-hutus - le Conseil national pour lé défense de la
démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (ou CNDD-FDD), et le Parti pour la libération du peuple hutu-Forces nationales de libération (ou PALIPEHUTU-FNL) - sont exclus du gouvernement à large spectre inauguré à Bujumbura devant une assemblée de chefs d'Etat africains et d'autres
dignitaires.
Qualifiant la mise en place du nouveau gouvernement "d'étape extrêmement
importante" dans les efforts de restauration de la paix au Burundi, M. Buyoya a indiqué que son équipe soutiendrait ces efforts en tenant des élections municipales et communales dans les 18 mois à venir. Des élections sénatoriales seront organisées pendant la seconde moitié du gouvernement.
Immédiatement après, l'assemblée nationale et le sénat se réuniront pour élire le premier président dans la phase post-transitoire du gouvernement.
En attendant, a expliqué le président, le gouvernement transitoire et les
institutions étatiques réhabiliteront les victimes de catastrophes, ils
rapatrieront les réfugiés et reconstruiront l'infrastructure détruite par les huit années de guerre civile, qui a fait au moins 200 000 victimes. En outre, a-t-il ajouté, des mesures seront adoptées pour identifier et résoudre les
problèmes ayant conduit la nation à la guerre. A cet effet, le gouvernement
sollicitera l'aide du Conseil de sécurité de l'ONU pour créer une commission judiciaire internationale chargée d'enquêter sur les crimes de génocide, de guerre et autres crimes contre l'humanité. Le gouvernement, a-t-il poursuivi, mettra aussi en place une commission de vérité et réconciliation nationale.
"Enfin, nous avons l'intention d'entreprendre toutes les réformes nécessaires pour rétablir la confiance chez tous les citoyens burundais. Afin d'atteindre cet objectif, une série de réformes sera lancée dans l'administration, la justice et les institutions chargées de la sécurité," a conclu le président.
Réactions face au nouveau gouvernement
Les réactions par rapport à la création du nouveau gouvernement ont été dans
l'ensemble positives. Le vice-président hutu, Domitien Ndayizeye, a indiqué qu'il était satisfait car "tous les signataires" de l'accord de paix d'Arusha ratifié en août 2000 ont accepté de participer aux institutions étatiques.
"Je suis heureux que le président et moi-même ayons choisi un cabinet qui, à mon avis, possède les atouts nécessaires pour redonner espoir au peuple burundais."
De son côté, Amnesty International a appelé le nouveau gouvernement à veiller à ce que les allégations de violation des droits de l'homme par ses propres forces soient "vérifiées de façon impartiale et indépendante". L'organisation a également recommandé que le gouvernement "organise et encourage" des débats sur les problèmes des droits de l'homme liés au conflit, de façon à promouvoir l'importance des droits de l'homme dans le processus de transition
et à empêcher toute violation de ces droits.
"Une action de justice immédiate devrait être entamée contre tout dirigeant politique ou local incitant à la violence ethnique ou politique ou à des abus des droits de l'homme," a ajouté Amnesty.
Faisant part d'un message au nom du Secrétaire-général de l'ONU, Kofi Annan, son représentant spécial pour la région des Grands Lacs, Berhanu Dinka, a déclaré à Bujumbura: "Nous espérons tous qu'il s'agira d'une nouvelle ère où le gouvernement du pays s'inspirera des valeurs africaines traditionnelles de
tolérance et de solidarité, et s'appuiera sur un cadre constitutionnel favorisant la diversité et la confiance mutuelle, et garantissant une paix durable assurant à tous justice et sécurité."
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions