dernier, le facilitateur des pourparlers Ketumile Masire a indiqué qu'il
restait néanmoins optimiste par rapport aux futures négociations, selon un
récent entretien avec allAfrica.com.
"A mon avis, la réunion de Gaborone a montré que tout espoir n'est pas perdu,
car au moins ils [les délégués de la conférence] ont communiqué d'une manière
très sincère. Ils affichaient tous une grande confiance," a déclaré M.
Masire, faisant allusion à une réunion préparatoire organisée fin août en
préliminaire aux négociations inaugurées le 15 octobre dernier à Addis Abeba, en Ethiopie.
M. Masire a dit comprendre les Congolais qui, a-t-il rappelé, ont été trahis à plusieurs reprises. "La culture qui a mis 40 ans à évoluer ne peut pas être effacée du jour au lendemain," a-t-il précisé. "Travailler ensemble dans ce
dialogue, et plus tard dans leurs parlements et leurs communautés, en
forgeant des amitiés au-delà des différences politiques - tout cela aidera à bâtir la confiance nécessaire à la réussite du processus."
M. Masire a indiqué que des initiatives étaient en cours pour remédier à
l'insuffisance de fonds ayant conduit à l'ajournement des pourparlers, qu'il
espère poursuivre en Afrique du Sud dans un lieu et à une date devant être
fixés. Des sources proches de M. Masire ont indiqué à IRIN que selon elles,
les négociations ne reprendraient pas avant le début de 2002.
Par ailleurs, l'ambassadeur Amos Ngongi, représentant spécial en RDC du
Secrétaire-général de l'ONU, Kofi Annan, a annoncé mercredi à Kinshasa qu'une réunion du comité politique chargé du suivi de l'application de l'accord de
Lusaka signé en 1999 se tiendrait le 9 novembre prochain au siège de l'ONU, à
New York. M. Ngongi a précisé qu'il s'agissait d'une réunion "majeure" qui
"permettrait à toutes les parties concernées de réaffirmer leur attachement au processus de paix". Les conversations qu'il a pu avoir ces dernières
semaines avec toutes les parties du conflit et avec les pays membres du
Conseil de sécurité de l'ONU ainsi que les pays ayant contribué à la force de
maintien de la paix en RDC (MONUC), l'incitent à penser que cette réunion
"permettra de consolider les chances pour la paix, qui n'ont jamais aussi
bonnes qu'à présent".
L'envoyé spécial de l'Union européenne (UE) dans les Grands Lacs, Aldo
Ajello, s'est montré moins enthousiaste, qualifiant la première phase du dialogue "d'échec total" lors d'un entretien mercredi avec la radio nationale
angolaise.
"Cependant, des progrès ont été réalisés dans certains domaines, comme le
retrait des forces étrangères, ainsi que le désarmement et la démobilisation
des forces irrégulières," a-t-il ajouté. "Nous étudions actuellement un
certain nombre d'initiatives susceptibles de faciliter le dialogue."
Concernant la décision de son gouvernement de quitter le 19 octobre la table des négociations du dialogue intercongolais à Addis Abeba, en Ethiopie, M.
Kabila a déclaré: "Nous estimons que le dialogue intercongolais n'était pas
bien préparé. Le dialogue devrait et doit être intégral. Jusqu'à présent,
cela n'a pas été le cas." S'adressant mardi à la radio gabonaise Africa no 1
lors de sa visite aux USA, M. Kabila a cependant assuré que son gouvernement
était "toujours résolu à rechercher et à trouver la paix une fois que tout
sera en ordre."
Parallèlement, on a annoncé mardi que M. Masire avait été nommé Homme d'Etat
africain de l'année 2001 et qu'il recevra un trophée du Pan African
Broadcasting, Heritage and Achievement (PABHA). Cette récompense lui sera
remise par le président nigérian, Olusegun Obasanjo, au cours d'une cérémonie prévue samedi à Abuja.
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