« Plus de 150 suspects ont été déférés devant les tribunaux », a déclaré à des journalistes Yakubu Bello Uba, chef de la police de l'Etat de Kano, sans donner de précisions sur la date et le lieu de leur inculpation. Toutefois, M. Uba a confirmé que 286 personnes ont été interpellées, en ajoutant que le bilan officiel des morts était passé de 18 à 32.
Des sources humanitaires et des habitants ont signalé que quelque 200 personnes ont été tuées dans les violences qui qui se sont produites après une manifestation de musulmans vendredi dernier à Kano pour protester contre les bombardements américains en Afghanistan.
Le président Olusegun Obasanjo a visité mardi Kano, la plus grande ville du nord du Nigeria, pour évaluer l'ampleur des dégâts et a condamné les violences, incitant les Nigérians à ne pas associer l'Islam avec la violence ». "Nous devons prendre garde de ne pas être perçus par le monde extérieur comme si nous ne faisions pas la différence entre religion et terrorisme », a-t-il déclaré à des milliers de déplacés réfugiés dans la principale caserne militaire de la ville.
« Nous ne tolérerons pas l'irresponsabilité, la destruction des vies et des biens, et que des personnes prennent la justice entre leurs mains. Nous ferons tout ce qu'il faudra, nous nous érigerons et lutterons contre lui », a-t-il insisté.
Les responsables de la Croix-Rouge dans la ville ont souligné que 17 000 personnes déplacées au moins recevaient une assistance humanitaire de l'agence. Beaucoup d'entre elles sont des chrétiens des ethnies Igbo et Yorouba du sud, qui dominent le commerce dans la ville et étaient les principales victimes durant les émeutes.
La police et d'autres agences de la sécurité sont toujours en état d'alerte à l'échelle nationale pour prévenir des attaques de représailles contre les musulmans qui vivent dans le sud du Nigeria, à majorité chrétienne, comme ce fut régulièrement le cas ces dernières années chaque fois qu'éclataient des violences religieuses dans le nord, à prédominance musulmane.
Un communiqué diffusé ce mercredi par le Congrès du Peuple Oodua, qui entend défendre les intérêts de l'ethnie Yorouba du sud-ouest, souligne que le groupe projette de riposter par des attaques contre les habitants du nord parlant le Haussa. Le CPO a poursuivi qu'il pensait que les récentes « émeutes à Kano n'étaient pas dirigées contre l'Amérique mais contre le peuple Yorouba et Igbo ».
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions