M. Obasanjo devait arriver à Kano directement depuis la France, où il venait de participer à une conférence de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris.
Des milliers de musulmans avaient envahi les rues de Kano après la prière du vendredi
pour protester contre les bombardements aériens américains en Afghanistan. Mais la marche de protestation a vite donné lieu à des violences entre musulmans, qui forment la majorité à Kano, et la minorité chrétienne. Des voitures, des maisons, des mosquées et des églises ont été incendiées et de nombreuses personnes tuées.
La police a informé mardi que 18 personnes au total furent tuées tandis que des habitants et des organisations humanitaires ont évoqué 100 à 200 morts. Un communiqué de la Croix-Rouge a souligné qu'il « était sûr et fiable d'avancer un chiffre de plus de 100 » morts en trois jours dans les violences qui ont débuté vendredi.
Le porte-parole de la police, Haz Iwendi a indiqué que des unités de police avaient été mises en alerte au niveau national dans le but d'éviter des flambées de violence, en particulier des attaques de représailles contre les musulmans dans le sud du pays, essentiellement chrétien.
Les enquêtes ont aussi commencé à identifier les responsables des émeutes. « La police poursuivra les personnes responsables des tueries et de la destruction des vies et des biens de citoyens innocents à Kano », a-t-il annoncé.
La tension était encore bien élevée dans la ville ce mardi, avec la police qui s'est servie de gaz lacrymogènes et effectué des tirs de sommation pour disperser la foule de jeunes. Un couvre-feu du crépuscule à l'aube, imposé samedi, est toujours en vigueur.
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