Le président Bakili Muluzi du Malawi avait ouvert les entretiens à Blantyre en sa qualité de président en exercice de la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA), qui compte quatorze membres. « Les entretiens était cordiaux . L'humeur était au beau fixe, nous avons plaisanté et ri », aurait-il confié à AP. Il a indiqué aux journalistes qu'il y « avait eu certains accords » au cours des entretiens, bien qu'il ait décliné de dire ce qui a été décidé. Aucun communiqué ne sera diffusé, a-t-il informé, mais un comité ministériel sera mis sur pied pour suivre certaines des questions abordées.
Dans une émission à la BBC, M. Kagamé a déclaré que le Rwanda allait retirer ses forces de la RDC seulement si la milice Interahamwe hutue dans les régions frontalières de l'est de la RDC était désarmée et démobilisée. « Ces choses vont de pair pour garantir qu'il n'y a aucune menace d'ordre sécuritaire pour nous après le retrait », a-t-il insisté.
L'Interahamwe sont des rebelles rwandais qui, avec de nombreux soldats de l'ancienne armée régulières rwandaise (ex-FAR), sont accusés du génocide en 1994 de quelque 800 000 Tutsis et Hutus politiquement modérés au Rwanda. L'Interahamwe et l'ex-FAR ont fui à travers la frontière vers ce qui était alors le Zaïre lorsque les forces tutsies s'étaient emparées de la capitale, Kigali, et avaient mis un point final aux massacres. Kinshasa avait annoncé le 12 septembre que 3 000 extrémistes hutus avaient été désarmés, mais le gouvernement de Kigali reste sceptique à cette égard, arguant qu'il reste plusieurs milliers de rebelles. Leur désarmement est l'une des dispositions fondamentales de l'accord de paix de Lusaka.
Le président ougandais Yoweri Museveni, dont le pays est aussi impliqué dans la guerre, est attendu ce vendredi au Malawi pour être informé par M. Muluzi au sujet des entretiens entre MM. Kabila et Kagamé. M. Museveni, qui soutient un groupe rebelle rival en RDC, avait rencontré M. Kagamé il y a une semaine à Kigali, la capitale du Rwanda. D'autre part, M. Kagamé est arrivé à Dar es-Salaam le même jour pour se concerter avec le président tanzanien, Benjamin Mkapa sur la situation de la sécurité dans les Grands Lacs, a rapporté l'AFP.
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