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Les USA savaient que l'armée rwandaise prenait part au génocide

Des documents officiels récemment déclassifiés montrent que trois semaines après le début du génocide de 1994 au Rwanda, un responsable américain a téléphoné à un homme accusé plus tard d'être un des cerveaux du génocide pour lui demander de cesser les massacres, a révélé lundi Associated Press (AP). D'après ces documents, l'assistante adjointe du secrétaire d'Etat aux
affaires africaines, Prudence Bushnell, aurait confronté le colonel de l'armée rwandaise Theoneste Bagosora le 28 avril, affirmant que les USA étaient au courant que les militaires rwandais prenaient part aux massacres. "Elle a dit que, aux yeux du monde, les militaires rwandais avaient commis des actes criminels, aidant et encourageant les massacres de civils," a révélé AP, citant un document, le résumé de la conversation qui devait être échangé plus tard entre ambassades américaines. M. Bagosora a affirmé que les massacres de Tutsis alors perpétrés étaient le fait de la populace qui ne bénéficiait d'aucun soutien de la part du régime militaire hutu extrémiste récemment installé au pouvoir.

Ce document ainsi que quinze autres documents concernant les actions des USA durant le génocide rwandais ont été publiés lundi par le National Security Archive (Archives de sécurité nationales), un groupe privé qui réunit des documents diplomatiques et militaires américains déclassifiés, a rapporté AP. "Nous savions qui appeler. Nous savions comment les appeler et nous les avons appelés," a rapporté un chercheur travaillant pour le groupe d'archives, William Ferroggiaro, reprenant les propos d'une conversation entre Mme Bushnell et M. Bagosora. Les massacres avaient lieu alors que les USA faisaient pression pour le retrait des quelques forces de l'ONU présentes dans le pays. Ils ont cessé en juillet lorsque les rebelles tutsis se sont
emparés de la capitale rwandaise Kigali. Quelque 800 000 Tutsis ont été massacrés au cours d'une campagne de 100 jours. M. Bagosora attend de passer en jugement devant le TPIR d'Arusha, et il devra répondre d'accusations le désignant comme l'un des cerveaux du génocide. Mme Bushnell est maintenant l'ambassadrice des USA au Guatemala.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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