Chantant des slogans tels que : « Non au bradage du patrimoine national ! », « A bas la libéralisation risquée ! » et « A bas les injonctions de Bretton Woods ! », les grévistes ont marché vers le ministère du travail et de la sécurité sociale, où il ont remis un message au ministre Alain Ludovic Tou. « Dans notre message, nous avons répété notre opposition à la privatisation », a fait savoir Issobié Soulama, membre du groupe de syndicats ayant appelé à la grève. « Nous avons vu les conséquences de la première privatisation, qui a apporté la tristesse, la misère et la mort aux travailleurs ».
Dans l'ensemble du pays, les bureaux principaux et les branches des compagnies stratégiques comme l'entreprise de l'énergie et de l'eau étaient fermés jeudi à cause de la grève. Des habitants de Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, ont déclaré à IRIN par téléphone qu'il y avait une mobilisation massive des travailleurs. Toutefois, les services d'eau et d'électricité n'ont pas été interrompus car les compagnies ont contracté des travailleurs pour assurer un « service minimum ». Il n'a pas été fait état de violence ou d'arrestations à l'issue de la marche à Ouagadougou.
Les syndicats désirent que le parlement révoque un projet de loi sur la privatisation de ces services, qu'il avait passé en juillet. Cependant, dans une déclaration mercredi, le gouvernement a réitéré « sa ferme volonté » de poursuivre les réformes économiques, y compris le programme de privatisation qu'il avait démarré en 1991. Il a souligné qu'il ne pouvait stopper les réformes entre ciel et terre.
Le gouvernement considère que son programme de privatisation comme un succès. Depuis 1991, a-t-il précisé, il a perçu quelque 12 milliards de francs CFA (16 millions de dollars) de la vente des compagnies étatiques, et a pu préserver environ 4 000 emplois. Les travailleurs, quant à eux, affirment que 4 000 employés ont perdu leur emploi pendant la première vague de privatisation. En juin, un audit des compagnie publiques a révélé que vingt d'entre elles avaient des déficits financiers, le plus importante étant celui de l'entreprise étatique de distribution de carburant, avec sept milliards de francs CFA (9,3 millions de dollars).
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