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Le président Déby recherche le soutien de ses homologues alors que les tensions avec le Soudan s’accentuent

Le président tchadien Idriss Déby a lancé une offensive diplomatique, mercredi, en sollicitant l’appui de plusieurs chefs d’Etat africains face à ce qu’il a qualifié de « menées subversives » de la part du Soudan voisin.

C’est au cours d’un sommet spécial dans la capitale N’djaména auquel il a convié les chefs d’Etat des cinq autres nations de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) que le président Déby a une nouvelle fois accusé le Soudan de vouloir déstabiliser son pays.

« Je souhaite que les autres pays [de la région] soient à nos côtés pour informer amplement la communauté internationale de la gravité des menées subversives de Khartoum contre le Tchad », a déclaré M. Déby à l’ouverture du sommet.

Déby a également appelé à la mise sous tutelle onusienne de la région du Darfour, théâtre depuis trois ans de violents affrontements entre le gouvernement soudanais appuyé par des milices armées et des rebelles.

Après l’attaque rebelle sur ses positions survenue le 18 décembre dans la ville d’Adré, à l’est du pays, le Tchad, qui est en proie à une vague de désertions au sein de son armée depuis le mois d’octobre, a déclaré être ‘en état de belligérance’ avec le Soudan au motif que ce pays finance, arme et équipe les rebelles tchadiens.

Mais cela fait belle lurette que le Tchad et le Soudan s’accusent mutuellement de soutenir des factions rebelles.

Jean Nkuete, le secrétaire général de la CEMAC, a affirmé à l’ouverture de la réunion de mercredi que la rencontre se tenait « au moment où, jamais sans doute, la question d’insécurité n’a été aussi préoccupante aux frontières de certains Etats de la CEMAC ».

Peu de temps après l’attaque d’Adré, un chef traditionnel de la ville a affirmé à IRIN que le Tchad pourrait bientôt connaître les mêmes violences que la région du Darfour, qui ont provoqué le déplacement de plus d’un million de Soudanais, dont près de 200 000 ont trouvé refuge à l’est du Tchad.

« On pourrait vivre la même situation que celle de la population du Darfur car les rebelles qui ont attaqué le 18 décembre étaient appuyés par la milice populaire janjawid », a déclaré ce dernier, qui a requis l’anonymat.

Le calme est retourné dans la ville d’Adré après le renforcement des effectifs de l’armée nationale, mais d’autres villages de la région ont été victimes d’incursions ces dernières semaines, obligeant certains résidents à abandonner leurs foyers, ont indiqué des représentants locaux.

Pendant ce temps, les dissensions persistent au sein des forces armées tchadiennes.

En octobre, un groupe de déserteurs s’est réfugié à l’est du Tchad et y a formé le Socle pour le changement, l’unité nationale et la démocratie (SCUD).

Mais c’est à un autre groupe, le Ralliement pour la démocratie et la liberté, qu’a été attribuée l’attaque d’Adré.

Le 30 décembre, plusieurs factions rebelles qui réclament le départ du président Déby ont annoncé qu’elles s’unissaient, ce qui constitue une évolution inquiétante, selon le représentant d’une agence humanitaire au Tchad.

« Ils essayent de former un front uni. Ils ont la force que leur confère leur nombre. Cela rend la menace des rebelles plus forte est plus réelle », a-t-il déclaré à IRIN. « C’est une situation très dangereuse ».

Les présidents Francois Bozizé de la République Centrafricaine (RCA), Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazaville et Omar Bongo du Gabon se sont rendus au sommet de N’djamena. Les présidents Teodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et Paul Biya du Cameroun se sont fait représenter.

Lamine Cissé, le Représentant spécial du Secrétaire des Nations unies Koffi Annan en République Centrafricaine a également fait le déplacement.

La réunion de la CEMAC a provoqué l’annulation d’un mini-sommet spécial sur le conflit du Darfour, qui devait avoir lieu le même jour en Libye.

Le sommet de N’djaména s’est tenu trois semaines avant le prochain sommet de l’Union africaine, prévu à Khartoum, la capitale soudanaise, les 23 et 24 janvier.

Ne désirant pas que son homologue soudanais Omar el-Béchir succède au Nigérian Olusegun Obasanjo à la tête de l'UA, le président Déby a demandé que la réunion ait lieu dans un autre pays. Mais selon le ministre libyen des affaires africaines Ali Triki qui s’exprimait mercredi sur les ondes de Radio France Internationale, il est trop tard pour accéder à une telle demande.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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