La liaison Lubumbashi- Kindu parcoure 1.500 km de voie ferrée en quatre jours. Elle relie les deux provinces en passant notamment par les villes de Kibombo, Malela, Samba, Kibamba, Lubunda, Kongolo, et Kabalo.
L'agence américaine de développement international (USAID), principal contributeur au projet, a déboursé 1,3 millions de dollars pour cette réhabilitation, selon Nicholas Jenks, chargé du programme auprès USAID. Le budget a été mis à la disposition des ONG Food for the Hungry International (FHI), Caritas-Congo, Catholic Relief Service (CRS), Concern, ainsi que Care International, qui se sont partagés les travaux de réhabilitation sur différents tronçons, sous la direction du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires de l'ONU (OCHA).
"L'arrivée de ce train concrétise la réunification intérieure du pays et le désenclavement de notre province," indique Kolosso Sumahili, gouverneur du Maniema.
La cessation du trafic il y a six ans avait provoqué la séparation de nombreuses familles et l'interruption des échanges commerciaux, essentiels aux deux régions.
"Je crois que ma soeur et mon frère, que je n'ai pas revus depuis six ans [...], pourront prendre le prochain train et rejoindre la famille," explique Mayola Bernard, ancien employé de la Société Congolaise de Chemin de Fer (SNCC).
La situation humanitaire dans la région est déplorable. "Du fait de la guerre, le tableau était bien sombre, les populations vulnérables manquant de nourriture, de vêtements, de médicaments, de sel, de savon, et de semences" selon le gouverneur du Maniema.
Balthazar Ainda, chargé de liaison pour OCHA à Lubumbashi, confirme que la reprise du trafic va permettre au Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et à d'autres agences humanitaires de reprendre leurs programmes.
Selon Ainda, l'UNICEF enverra plus de 2000 kits non alimentaires aux populations déplacées de l'intérieur du Maniema, par le deuxième train qui partira dans une semaine. "15.000 familles soit 90.000 personnes, représentant une population extrêmement vulnérable, recevront cette assistance d'urgence qui sera distribuée en sous-traitance par le Catholic Relief Service (CRS, Service de Secours Catholique)," annonce-t-il.
Pour sa part, L'ONG CARE international prévoit d'acheminer à Kindu une cargaison de 19 tonnes de matériaux de construction pour la réhabilitation de 8 centres de santé.
Le transport et la commercialisation des produits agricoles de la région vont également pouvoir reprendre. "La conséquence [de l'interruption du trafic] était que les prix des produits manufacturés ont été multipliés par cinq ou six" selon le gouverneur Sumahili. "Une bière vendue à 350 Francs congolais (près d'un dollar US) à Kinshasa coûte 1.600 Francs congolais (4,5 dollars Us) à Kindu," ajoute-t-il.
L'axe Lubumbashi - Kindu est la principale voie de transport pour les provinces de l'est du pays, et servait avant la guerre à acheminer les produits agricoles du Maniema, principal grenier à grain du Katanga, rapporte l'évêque de Kindu, Mgr Théophile Kaboy. Avant la guerre, le train acheminait chaque semaine plusieurs centaines de tonnes de riz, d'huile de palme, de fruits et légumes, et de bois depuis le Maniema vers Lubumbashi et Kalemie. En sens inverse, des produits manufacturés et du sel, rare à Kindu, étaient expédiés depuis Lubumbashi.
La sécurité le long de la ligne devrait dorénavant être assurée par la police et l'armée congolaise.
L'arrêt de la ligne a également provoqué un manque à gagner substantiel pour l'état congolais. "Le train devait nous rapportera 11 millions de dollars par ans" indique Emmanuel Nkulu Kilumba, administrateur délègue général de la SNCC.
Avant la guerre, la SNCC comptait 16.000 agents. La plupart d'entre eux, comme les 4000 agents de la SNCC que comptait Kindu, se sont retrouvés au chômage technique suite au conflit.
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