L’accord avait été conclu entre le général Mbuza Mabe, commandant de la 10ème région militaire de l’armée régulière congolaise, responsable de Bukavu, et les insurgés de l'ancienne faction rebelle du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD, dirigés par le général Nkunda et Jules Mutebuzi.
Selon Clive Mantell, chef d’état-major de la MONUC, les hommes du général Nkunda ont rompu mercredi matin le cessez-le-feu à 15 kilomètres au Nord, et avancent vers la ville qui est sous contrôle des forces du gouvernement, malgré les déclarations inverses du général Kunda, qui affirme maîtriser Bukavu.
L’insécurité qui règne dans la ville a poussé 550 civils à chercher refuge dans les locaux de la MONUC, qui leur distribue des rations alimentaires ainsi que de l’eau. "Il y a beaucoup de confusion en ce moment, les insurgés sont en train d’entrer dans la ville, l’armée gouvernementale est en débandade, et il y a beaucoup de pillages en ville", Lucia Alberghini, représentante d’OCHA à Bukavu, a rapporté mercredi après-midi.
Une cellule d’urgence humanitaire regroupant les agences des Nations Unies qui interviennent dans le secteur a été établie. L’électricité, qui avait été coupée dans la ville, a été restaurée dans certains quartiers, et les hôpitaux continuent à fonctionner, selon Alberghini. Cependant, l’insécurité qui prévaut dans la ville empêche l’évaluation des besoins humanitaires et l’avancée des troupes insurgées empêche la population terrée dans les maisons d’accéder à l’assistance humanitaire présente à Bukavu.
Dix nouveaux blessés sont venus s’ajouter aux 103 blessés enregistrés par la Croix Rouge congolaise depuis le début des affrontements il y a une semaine. L’agence rapportait lundi, avant la reprise des combats de mercredi matin, le chiffre de 39 morts, dont 18 civils et 21 militaires.
Les troupes insurgées sont conduites par l’ancien adjoint au commandant de la région militaire de Bukavu, Jules Mutebuzi, avec l’appui des renforts venus de Goma et dirigés par le général Laurent Nkunda. Tous deux affirment défendre les ressortissants de leur ethnie Banyamulenge, des Congolais d’origine tutsie selon eux victimes de violences. Ils estiment que plus de 2.000 Banyamulenge ont traversé la frontière pour chercher refuge au Rwanda depuis le début des violences mercredi dernier. Le cessez-le-feu violé prévoyait l’ouverture d’une enquête internationale sur les allégations d’exactions subies par les Banyamulenge
L'état-major de l'armée congolaise avait annoncé dans un communiqué émis la semaine passée à Kinshasa que les Banyamulenge bénéficient de la protection de l’armée au même titre que les autres ethnies du pays.
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