Le déploiement des troupes rwandaises aux frontières a débuté le 8 avril à la suite d'attaques de rebelles Hutu dans la province de Gisenyi, au nord-ouest du pays, a précisé le porte-parole.
"Il est évident que ces forces extrémistes sont en train de préparer une invasion de notre territoire," a-t-il dit. "Nous avons décidé de déployer d'importantes forces le long du Burundi et de la RDC pour stopper toutes attaques."
Toutefois, jeudi dernier, M. Karegeya avait nié les rapports selon lesquels le Rwanda massait des troupes à ses frontières. "Ce que les personnes ont pu voir aux frontières, est un réajustement du déploiement de nos troupes," avait-il déclaré.
Il réagissait à de récents rapports qui évoquaient des tensions toujours plus grandes aux frontières. Le Rwanda anticiperait des attaques de rebelles Hutu basés en RDC qui projetterait d'attaquer le Rwanda en passant par la forêt de Kibira au Burundi.
M. Karegeya a affirmé lundi que les rebelles préparaient une attaque du Rwanda en voulant utiliser deux fronts - la forêt de Kibira et le volcan de Virunga à la frontière entre le Rwanda et la RDC au nord-ouest.
Dans le même temps, la MONUC, la mission des Nations Unies en RDC, a accusé les forces rwandaises de vouloir revenir en RDC. La MONUC a par ailleurs rapporté que des soldats rwandais avaient encerclé une patrouille de l'ONU la semaine dernière en lui intimant l'ordre de retourner à sa base.
"La MONUC a noté le 21 avril le présence de troupes rwandaises... dans la zone de Bunagana, en RDC, où un officier rwandais a demandé à la patrouille de la MONUC de se retirer," avait affirmé la MONUC dans sa déclaration.
Le gouvernement congolais a, pour sa part, considéré la présence des troupes rwandaises sur le sol congolais comme un acte susceptible de saper la confiance et le processus de normalisation des relations bilatérales entre les deux pays, a déclaré lundi à la presse Antoine Ghonda, ministre congolais des affaires étrangères.
M. Ghonda a qualifié cette présence rwandaise d'injustifiable d'autant plus que la MONUC n'a pas confirmé les allégations du gouvernement rwandais selon lesquelles des éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDRL) mèneraient des incursions au Rwanda depuis la RDC.
Le gouvernement congolais, a-t-il rappelé, avait déjà interdit en 2002 les activités du FDLR et avait déclaré 'personae non grata' les dirigeants de ce mouvement.
Le Rwanda a nié le franchissement de frontière par ses troupes. "Il est très malheureux que la MONUC puisse faire des allégations non fondées sans nous contacter," a déclaré M. Karegeya. "D'après nous, la MONUC a échoué parce qu'elle assiste simplement au rassemblement des forces extrémistes lesquelles veulent attaquer notre territoire. Nous n'avons pas envoyé à nouveau de troupes en RDC."
Le Rwanda s'est toujours plaint que ni les troupes de l'ONU ni l'armée congolaise n'aient assez fait pour déraciner les rebelles Hutu. Ces derniers avaient fui après le génocide rwandais où selon les estimations du gouvernement rwandais près de 937.000 personnes sont mortes.
Le Rwanda a officiellement retiré ses troupes de la RDC en 2002, à la suite d'un accord régional signé sous les auspices de l'Afrique du Sud pour mettre fin à un conflit de cinq années dans lequel trois millions de congolais sont morts et qui a engendré autant de déplacés.
La MONUC a réitéré l'illégalité de la présence des troupes étrangères en RDC. "La MONUC dénonce les restrictions imposées au libre mouvement de ses troupes à travers la RDC," a-t-elle déclaré.
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