"Nous avons enregistré plus d'une dizaine de malades lors de notre mission sur place," a-t-il dit en précisant que la maladie avait déjà entraîné de nombreux cas de décès non enregistrés en raison du manque d'infrastructures, de l'ignorance de la population et du manque de personnel médical.
"Faute d'infrastructures, de nombreux malades vont vers Kananga ou
Mbuji-Mayi [chef-lieu du Kasaï Oriental] mais la plupart de malades ne sont pas identifiés parce qu'ils restent dans leurs villages aux alentours de la zone de santé de Katende," a-t-il ajouté.
Selon le rapport de son enquête, les habitants des villages de Lubunga,
Dimbelenge et d'autres dans cette zone de santé sont obligés de marcher des dizaines de kilomètres pour se faire examiner dans les chefs-lieux des deux Kasaï.
"La plupart de malades souffrant de la trypanosomiase croient être infectée par le paludisme car les deux maladies présentent les mêmes signes cliniques," a expliqué le docteur Kande.
Selon lui, la résurgence de cette maladie s'explique par le manque
d'infrastructures qui ont été quasiment toutes détruites durant les récentes années de guerre.
"Le personnel médical n'existe quasiment plus dans cette zone, tout le matériel avait été pillé durant les deux guerres en RDC," a déclaré le
docteur Kande.
Le Programme national de lutte contre la trypanosomiase souhaite reprendre
ses travaux qui avaient été arrêtés en 1993. La lutte contre cette maladie
nécessite la neutralisation de la mouche tsé-tsé puis l'application d'un
traitement adéquat aux personnes infectées. Le Pnlt a lancé un appel à ses partenaires pour pouvoir relancer ses activités.
La trypanosomiase africaine est une maladie parasitaire grave qui entraîne
une infection aiguë ou chronique du système nerveux. Non traitée, cette
maladie est mortelle pour les humains.
Elle est transmise par la morsure d'une mouche tsé-tsé infectée, un insecte gris brun de la taille d'une abeille. Le risque d'infection d'une personne augmente avec le nombre de piqûres reçues. Une mère peut par ailleurs transmettre l'infection au foetus.
Les symptômes sont notamment la fièvre, les éruptions cutanées, l'oedème autour des yeux et aux mains, la céphalée aiguë, une fatigue extrême, l'oedème des ganglions lymphatiques et les douleurs articulaires et musculaires. Si la maladie demeure non traitée à cette étape, il s'ensuit une attaque du système nerveux central qui produit une confusion progressive, des troubles de l'élocution, des changements de personnalité, des crises épileptiques et de la difficulté à marcher et parler.
En 1999, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a rapporté près de 45 000 cas de la maladie africaine du sommeil. L'OMS croit toutefois que le nombre réel de cas se situe entre 300 000 et 500 000. Dans certains villages, dans de nombreuses provinces d'Angola, de RDC et du sud du Soudan, la morbidité prévalente de cette maladie atteint de 20 à 50 %. Dans ces régions, la maladie du sommeil est devenue la deuxième plus importante cause de décès, devançant le VIH-Sida.
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