démocratique du Congo (RDC), a rapporté mardi la MONUC, mission des
Nations Unies en RDC. Le district de l'Ituri a été, en effet, le théâtre de
violents affrontements interethniques avant et après l'installation d'un
gouvernement d'unité nationale, le 30 juin dernier.
"Au nom des Hema du territoire d'Irumu, je demande pardon, à tous les Lendu du territoire de Ndjugu. Pardonnez-nous devant le monde et devant Dieu. Vous nous l'accordez ?," a demandé le premier janvier 2004, aux Lendu, Augustin Kisembo, le président du PUSIC et chef de collectivité des Bahema sud. La
scène se passait à Zumbe, à 25 km à l'est de Bunia, le chef lieu de l'Ituri.
A Noël aussi, a rappelé la MONUC, les Lendu avaient été accueillis par les
Hema à Kasenyi, à 48 km à l'est de Bunia pour une cérémonie de
réconciliation.
"Nous demandons pardon aux Hema...Je crois qu'au nom de nous tous , ce
pardon est accordé," a affirmé le chef de collectivité Lendu Tatsi, Shatsi Ngabile, a rapporté le communiqué de la MONUC.
Selon la MONUC, "les autres discours prononcés exprimaient un franc-parler
et une forte aspiration à la paix" tout en appelant les chefs de guerre à
respecter les droits de l'homme.
"Que jamais plus la population ne fasse les frais de massacres, de pillages, que les femmes et les enfants ne soient plus jamais violés, utilisés comme esclaves sexuels, torturés. Qu'enfin une paix véritable et durable s'installe en Ituri," a rapporté le communiqué de la MONUC.
A la suite des violents combats dans cette région, une force multinationale
intérimaire d'urgence avait été déployée à Bunia en vertu de la résolution 1484 du Conseil de sécurité du 30 mai au 1er septembre 2003.
Cette opération, appelée Artémis, avait été placée sous le commandement
français. Son mandat consistait à sécuriser la ville de Bunia et son
aéroport en raison de violents combats interethniques.
La MONUC, dont le mandat a été renforcé par la résolution 1493 du Conseil de sécurité le 28 juillet dernier, a désormais succédé à Artémis. Son mandat a été étendu jusqu'au 30 juillet 2004. Elle est autorisée à "prendre les mesures nécessaires, dans les zones de déploiement de ses unités armées"
pour notamment protéger les populations civiles et les agents humanitaires.
Un embargo de 12 mois sur les armes, dans cette région, a également été
décidé.
La région de l'Ituri a été gravement secouée par la guerre depuis 1998.
Elle opposait l'ethnie Lendu à celle des Hema ainsi que leurs alliés
respectifs pour la prise du pouvoir dans ce district, riche en ressources
naturelles. Les combats n'ont pas épargné les populations civiles. Les
victimes sont estimées à environ 50.000 personnes alors que 500.000 autres ont fui les massacres.
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