Mme Lamizana a déclaré lundi, dans une conférence de presse, que 70 000 dollars environ ont été dépensés jusqu'à présent pour répondre aux besoins des immigrés rapatriés.
Le 14 février, le gouvernement et ses partenaires ont mis sur pied une commission conjointe pour appuyer un plan d'action national en vue d'assister les rapatriés, a indiqué la ministre aux journalistes. « L'UNICEF », a-t-elle souligné, « a assisté avec des manuels » pour les enfants en âge scolaire, et avec des citernes d'eau pour faire en sorte que les rapatriés aient accès à l’ eau potable.
La crise en Côte d'Ivoire a également eu de sérieuses répercussions économiques pour le Burkina Faso. Les secteurs frappés de plein fouet sont l'élevage et le transport ferroviaire.
La compagnie Sitarail [Société internationale de transport africain par rail ] a été obligée de suspendre son service ferroviaire entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso lorsque la crise a éclaté. En fin de semaine dernière, les femmes des employés de Sitarail sont descendues dans les rues de la deuxième ville du Burkina Faso, Bobo Dioulasso, pour réclamer une assistance. D'après le quotidien d'Etat, Sidwaya, les femmes, accompagnées de leurs enfants, ont déambulé dans la ville avec des paniers et des sacs de riz vides en criant « Au secours ! Au secours ! Nous avons faim ».
Leur porte-parole, Bibata Coulibaly, a déclaré que les enfants ne pouvaient plus aller à l'école car ils ne sont plus en mesure de payer les frais scolaires. Sidwaya a également rapporté que les manifestantes auraient indiqué que leur familles sont en butte à des problèmes de santé et de logement.
A l'issue de la fermeture de la frontière par les autorités burkinabé au début du conflit, Sitarail a suspendu pour trois mois le contrat de travail de ses employés. Une fois cette période terminée, la compagnie a mis ses travailleurs en « chômage technique » pour une durée indéterminée.
Un autre secteur durement frappé par la crise ivoirienne est l'industrie du bétail, qui fait état d'une perte de 10 milliards de francs CFA (environ 17 millions de dollars) depuis la fin de septembre 2002. Soixante pour cent du bétail du Burkina Faso était habituellement vendu en Côte d'Ivoire.
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