Dans la capitale, Abuja, la police a dispersé un rassemblement de soutien à la grève devant lequel intervenait Adams Oshiomhole, président du Congrès du Travail du Nigéria [Nigeria Labour
Congress (NLC)], coiffant les syndicats du travail, et a appréhendé celui-ci.
Des informations à travers le pays indiquent que les écoles, les banques, les commerces et les bureaux ont fermé, tandis que les transporteurs ont retiré leurs véhicules, laissant ainsi les rues désertes. La plupart des habitants sont restés chez eux afin d'éviter d'éventuelles flambées de violence. A Abuja et dans la capitale économique, Lagos, des policiers armés jusqu'aux dents ont patrouillé les rues, anticipant des manifestations violentes et des troubles de l'ordre.
La grève est entrée en vigueur à l'issue d'un ultimatum de sept jours fixé par le NLC, demandant au gouvernement du président Olusegun Obasanjo d'annuler une hausse de 18 pour cent à 25 pour cent du prix du carburant, appliquée depuis le 1er janvier.
Le gouvernement a qualifié la grève d'illégale et a exhorté les travailleurs nigérians et le public général à ignorer la consigne de grèce du NLC.
"Tout acte d'intimidation et de harcèlement, notamment de barricader les portails, de fermer les bureaux et d'empêcher les travailleurs de s'acquitter de leurs tâches légales, aura des suites", stipule un communiqué signé par le secrétaire du gouvernement, Ufot Ekaette.
Or, M. Oshiomhole, bravant le défi, a promis que la grève se poursuivra "jusqu'à nouvel ordre". Il a souligné que des tentatives visant à discuter avec le gouvernement des griefs des travailleurs ont été repoussées par le président Obasanjo, qui a affirmé que les hausses des prix étaient "irréversibles".
Depuis son élection en 1999, M. Obasanjo a cherché à augmenter les prix du carburant dans le contexte du paquet de réformes de libéralisation économique convenu avec le le Fonds monétaire international et avec la Banque mondiale. En juin de l'an dernier, le gouvernement avait imposé une hausse de 50 pour cent, mais avait été obligé de se rétracter après une semaine de grève générale convoquée par le NLC.
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