Des milliers d’autres habitants auraient fui les combats, tandis que les cultures, le bétail et les habitations ont été détruits. La plupart des déplacés, en particulier des femmes et des enfants, ont cherché refuge dans des régions plus sûres à l’intérieur de l’Etat. D’autres se seraient enfuis dans l’Etat de Benue voisin.
“Les affrontements qui se sont produits lundi dans les districts de Loko et d’Udege, situés dans l’Etat, se sont vite propagés, affectant près de huit villages”, a indiqué à IRIN Hashidu Adamu, un officiel du ministère du gouvernement local de l’Etat de Nasarawa.
Umaru Suleiman, commissaire de police de Nasarawa, cité par les médias locaux, a informé que des mesures d’urgence ont été prises pour maîtriser la situation. Plusieurs équipes de la division spéciale antiémeute de la police ont été dépêchées dans la zone pour rétablir l’ordre, a-t-il indiqué.
L’an dernier, l’Etat de Nasarawa a été le théâtre de violences intercommunautaires entre les Tiv et les Azéris à cause d’un litige foncier. Des centaines de personnes ont été tuées et des dizaines de milliers ont été déplacées. Près de 50 000 Tiv, forcés à échapper aux combats, se sont réfugiés dans l’Etat de Benue, dont la population est à majorité Tiv. La plupart d’entre eux ne sont pas encore retournés.
La situation des déplacés dans la région centrale instable s’est ensuite détériorée au lendemain des affrontements en octobre entre les Tiv et les Jukun dans l’Etat de Taraba voisin et des massacres perpétrés par l’armée en guise de représailles pour le meurtre collectif de 19 soldats par des miliciens tiv.
Un groupe baptisé Forum consultatif national Tiv (TNCF-anglais) avait lancé un appel au début de la semaine en cours au président Olusegun Obasanjo l’invitant à retirer les soldats déployés dans la région qu’il accuse de brutaliser le peuple Tiv. Le groupe s’est aussi engagé à défendre cette ethnie contre toutes attaques en utilisant plus de 12 000 soldats nigérians retraités, d’origine tiv.
“A partir de maintenant, nous avons décidé de prendre notre destin en main pour protéger et pour préserver le peuple sans nous inquiéter des conséquences”, a déclaré lors d’une conférence de presse à Abuja, la capitale nigériane,Godwin Dab-Adzuana, président du TNCF. “Ceux qui ont refusé ou ignoré nos souffrances et nos larmes doivent se préparer désormais à assumer la responsabilité de toutes les conséquences de notre action”, a-t-il ajouté.
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