Plus de quatre ans après sa création, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a permis d’accomplir des progrès considérables dans la lutte contre les trois épidémies, mais il est menacé par le manque de financement.
Selon le
rapport d’activités du premier semestre, publié jeudi, les programmes du Fonds mondial mis en place dans 131 pays ont permis de proposer des traitements à un nombre croissant de patients atteints du VIH et de la tuberculose et d’accroître la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour protéger les populations contre le paludisme.
Près d’un demi million de personnes à travers le monde, dont 398 000 en Afrique, suivent un traitement antirétroviral (ARV) financé par le Fonds mondial, dont l’aide représente 20 pour cent des fonds internationaux destinés à la lutte contre le VIH/SIDA.
Pour Brian Brink, membre de la délégation du secteur privé de l’institution financière, a indiqué, lors d’une conférence de presse à Johannesbourg, en Afrique du Sud, que le Fonds devait avant tout s’assurer un financement durable.
Les besoins s’élèvent actuellement à 2,1 milliards de dollars américains, soit près de la moitié des 5,5 milliards nécessaires au financement des activités actuelles et à venir.
«Les activités du Fonds mondial dépendent des financements reçus. Jusqu’à présent, l’argent provenait avant tout de gouvernements de pays développés», a expliqué Brian Brink, du géant minier Anglo American. «Mais, nous envisageons une plus grande implication de la part du secteur privé.»
Mener des initiatives de collecte de fonds auprès du secteur privé, comme la campagne ‘Product Red’ lancée par le chanteur Bono, peut, selon lui, être une solution.
Une autre stratégie envisageable consiste à chercher des subventions non seulement auprès des gouvernements européens et nord-américains, mais également du Moyen-Orient, de Russie et de Chine, a souligné Jon Lidén, le porte-parole du Fonds mondial.
Le Fonds mondial a été créé en janvier 2002 et constitue une approche novatrice de financement international de santé, en allouant des subventions uniquement liées aux besoins du pays bénéficiaire et aux progrès accomplis.
Le Fonds mondial, une banque sans moyens
Les subventions sont accordées via des partenariats locaux, mais contrairement à la plupart des organes de financement internationaux, les pays sont libres de concevoir et d’appliquer leurs propres programmes.
«Le gouvernement américain exerce constamment une pression pour que nous procédions différemment», a expliqué Jon Lidén. «Mais bien que les Etats-Unis soient le pays qui contribue le plus au Fonds mondial, nous ne cèderons jamais à une quelconque pression politique.»
L’indépendance du Fonds mondial a un prix : la précarité de son financement.
Ainsi, tous les fonds nécessaires au sixième cycle de financement, ouvert aux Etats jusqu’au 3 août prochain, ne sont pas encore réunis : l’institution a jusqu’à novembre pour trouver 900 millions de dollars, qui viendront compléter les 200 milliards de dollars de contributions déjà promises.
Un nouveau cycle de financement devrait en outre être programmé d’ici la fin de l’année, pour assurer le renouvellement des premières subventions de cinq ans, alors à terme.
«Les promesses que reçoit le Fonds mondial augmentent sans arrêt, mais nos besoins croissent encore plus vite», a fait remarquer Jon Lidén.
Il a expliqué que plutôt que de rivaliser avec d’autres mécanismes de financement, «nous préférons nous battre pour obtenir une plus grande part de gâteau.»
Les responsables du Fonds mondial seront attentifs, la semaine prochaine, aux recommandations que ne se priveront pas de faire les 400 membres de la société civile et du secteur privé, venus de 115 pays à Durban, en Afrique du sud, pour assister au Forum du partenariat, selon Mandeep Dhaliwal, responsable de cette manifestation.
Environ 90 pour cent des recommandations formulées lors de la précédente édition, il y a deux ans, ont été suivies par l’institution, a-t-elle ajouté.
L’une des questions qui sera abordée lors de cette rencontre de Durban concernera le manque de ressources des systèmes nationaux de santé comme un frein aux efforts de prévention et de traitement des grandes pandémies dans les pays en développement.
Ce Forum sera suivi d’une Conférence de reconstitution à mi-parcours destinée aux bailleurs de fonds qui, le Fonds mondial l’espère, feront de nouvelles promesses.