Les résultats préliminaires d’une nouvelle étude de démographie et de santé (EDS), rendues publiques vendredi par les autorités sénégalaises, ont confirmé le faible taux de prévalence au VIH, estimé à 0,7 pour cent.
“En terme relatif, on retombe, avec l’EDS, sur les mêmes chiffres que nous avions déjà avec les études sentinelles, soit un taux d’infection bas et des disparités régionales”, a expliqué à PlusNews le professeur Souleymane Mboup, qui préside le comité de surveillance épidémiologique au Comité national de lutte contre le sida (CNLS).
Selon la dernière étude sentinelle, parue en septembre 2004, 1,5 pour cent de la population vivrait avec le VIH/SIDA au Sénégal, un taux de prévalence relativement faible par rapport aux pays d’Afrique de l’Ouest – dans la région, la moyenne est estimée par les agences des Nations Unies à cinq pour cent de la population.
Le Sénégal est considéré comme un pays modèle en terme de lutte contre le VIH/SIDA dans la région. Ce pays sahélien pratique la surveillance épidémiologique depuis 1989 via des sites sentinelles répartis sur l’ensemble du territoire.
Mais à la différence de ce type d’étude, qui extrapole le statut sérologique des femmes enceintes se rendant dans des cliniques anténatales, l’EDS se fonde sur un échantillon plus large de la population adulte.
Ainsi, 7 412 ménages ont été interrogés cette année, soit 14 602 femmes âgées de 15 à 49 ans et 3 761 hommes âgés de 15 à 59 ans.
Environ un quart d’entre eux sont âgés de moins de 19 ans, tandis que 20 pour cent des femmes et 17 pour cent des hommes ont entre 20 et 24 ans ; entre 50 et 67 pour cent des enquêtés étaient mariés ou en ménage au moment de l’enquête.
Selon ses résultats préliminaires, que PlusNews a pu obtenir, “la prévalence globale, tous sexes confondus, est de 0,7 pour cent. Les femmes, avec un taux de prévalence de 0,9 pour cent sont plus infectées que les hommes (0,4 pour cent). (…) Ce qui revient à dire que pour 100 hommes infectées, il y a plus de 200 femmes” qui vivent avec le VIH/SIDA.
Pour le professeur Mboup, par ailleurs chef du laboratoire de bactériologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) Le Dantec de Dakar, la capitale, “les données de l’EDS cadrent avec la situation de la population générale, avec une marge d’erreur faible. Le taux de prévalence au VIH au Sénégal évolue effectivement autour de un pour cent”.
Afin d’estimer le taux d’infection au VIH, 7 512 personnes ont accepté d’être dépistées, dont 4 278 femmes.
Fondé sur un consentement éclairé et volontaire, le test du VIH et la recherche d’anémie ont été systématiquement proposé par les enquêteurs entre janvier et juin 2005, a expliqué le docteur Aissatou Gueye Ndiaye, pharmacienne biologiste au laboratoire de bactériologie du CHU.
Elle a néanmoins précisé que les résultats de ces tests n’ont pas été communiqué aux personnes dépistées.
Outre le faible taux de prévalence et la féminisation de l’épidémie, ces prévélèvements sanguins ont révélé de fortes disparités régionales.
Tous sexes confondus, les taux de prévalence seraient ainsi plus élevés en Casamance, dans le sud du pays proche de la Guinée Bissau et sous le feu d’une rébellion armée pendant 22 ans. Là, l’infection à VIH toucherait entre 2,7 et 3,4 pour cent des femmes, entre 0,8 et 1,1 pour cent des hommes.
Les taux les plus faibles sont observés dans le centre ouest du pays, proche de Dakar, la capitale.
Selon les conclusions provisoires des auteurs de l’étude, la prévalence chez les femmes enceintes, estimée à partir des sites sentinelles dans les 11 régions en 2003, est plus élevée que celle des femmes dans l’EDS (1,5 pour cent contre 0,9 pour cent).
“Dans (pratiquement) toutes les régions, on observe des écarts similaires (…) alors qu’à Ziguinchor, la capitale régionale de la Casamance, la prévalence estimée dans l’EDS-IV est largement supérieur”, ont précisé ces auteurs.
Cette EDS est la quatrième que réalise le Sénégal depuis 1986, mais c’est la première qui intègre un volet VIH/SIDA. En raison de son coût, estimé à 1,7 millions de dollars, ce type d’étude n’a lieu qu’épisodiquement. Cette année, ce sont l’agence américaine de développement (USAID), l’Etat sénégalais via un prêt de la Banque mondiale, les Fonds des Nations Unies pour la population et l’enfance (FNUAP et Unicef) qui ont financé l’EDS-IV.
A en croire Salif Ndiaye, le directeur du Centre de recherche pour le développement humain (CRDH) qui a conduit l’enquête, cette EDS, qui intégre des informations sur l’activité sexuelle des Sénégalais, leurs préférences en matière de fécondité ou la pratique des mutilations génitales, est une des premières de ce type sur le continent africain, après celle menée au Mali en 2000 et 2001.
“La surveillance sentinelle est satisfaisante, mais ce n’est pas une raison pour ne pas tenter de faire mieux”, a dit M. Ndiaye. “Les données que nous avons recueillies seront ainsi très utiles en matière de programmation des interventions.”
Selon lui, le rapport final de l’étude sera rendu public début 2006. “Nous dégagerons, à ce moment-là, les grandes pistes qui se dégagent de l’étude”, a dit le professeur Mboup, qui a admis que le rapport préliminaire ne rassemble “même pas cinq pour cent des données recueillies” au cours de l’enquête.
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