Un rapport récent, qui sera présenté le mois prochain en Afrique du Sud, invite à relativiser les conséquences du VIH/SIDA sur le monde rural, qui seraient moins catastrophiques que prévu.
Alors que l’impact de l’épidémie sur l’agriculture a jusqu’à présent été évalué selon des critères qualitatifs, plusieurs études quantitatives menées au niveau des ménages ruraux ont conclu à «un bilan moins catastrophique que prévu des effets de la hausse de mortalité liée au sida sur l’agriculture», selon le rapport.
D’après ce rapport, qui sera présenté le mois prochain en Afrique du sud lors d’une conférence internationale sur le ‘VIH/SIDA et la sécurité alimentaire’, personne ne conteste que la perte des membres actifs d’une famille a un impact négatif sur la production agricole familiale.
Cependant, cette mortalité précoce affecte les familles d’une autre manière, dans la mesure où certaines ont pu compenser la baisse des revenus en se partageant les récoltes, en remplaçant les employés salariés par de la main d’œuvre familiale, et en réduisant la superficie des terres cultivées.
Les pays de la région ont récemment remplacé la culture du maïs par celle des tubercules, ce qui a fait courir le bruit que le VIH/SIDA serait responsable de ce changement. Le rapport souligne que même si le sida a contribué à cette évolution, le changement d’orientation des politiques agricoles est la cause majeure de cette évolution.
«Au début des années 90, les politiques de promotion de la culture du maïs au Kenya, au Malawi, en Zambie et au Zimbabwe ont disparu ou ont été négligées en raison de l’application d’un vaste programme d’ajustement structurel», constate le rapport.
«Ces changements de politique ont considérablement réduit les revenus issus de la culture du maïs et ont détourné l’intérêt des paysans vers les cultures vivrières, notamment le manioc, une culture qui ne requiert pas l’utilisation d’engrais".
Le rapport en conclut que la preuve de l’impact du sida sur l’évolution des modèles d’agriculture n’est pas totalement établie.
Néanmoins, les chercheurs ont identifié trois tendances émergentes qui pourraient aider les gouvernements à élaborer des propositions adaptées aux réalités locales.
Le rapport note que «comme les travailleurs spécialisés sont de moins en moins nombreux, en raison de la mortalité liée au virus, le coût de cette main-d’œuvre tend à augmenter», ce qui entraîne la perte de compétitivité des secteurs faisant appel à des ouvriers qualifiés. Les auteurs du rapport demandent que des mesures soient prises pour accélérer les formations.
Par ailleurs, la mortalité au sein des populations rurales pourrait entraîner une migration de travailleurs non qualifiés des zones urbaines vers les communautés rurales, pour compenser la perte de main-d’œuvre agricole liée à l’épidémie. Cette migration permettrait de préserver le système d’agriculture actuel, ou en tout cas de ralentir la transition vers un système nécessitant moins de main-d’œuvre.
Les exploitations agricoles risquent de devenir moins rentables dans les zones les plus touchées, créant des inégalités de revenus et poussant les familles pauvres à vendre leurs biens et leur terres à ceux qui peuvent les acheter, ont prévenu les auteurs du rapport.
Une bonne politique agricole pourrait contribuer à ralentir la propagation du VIH/SIDA, en réduisant la pauvreté, conclut le rapport. Le niveau de vie peut être relevé grâce à une augmentation de la productivité.
Pour cela, il faut investir dans de nouvelles technologies agricoles, améliorer les systèmes de vente des récoltes, renforcer l’éducation de base, les infrastructures et la bonne gouvernance, pour aider les communautés à faire face aux tensions économiques et sociales engendrées par l’épidémie.
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