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Les déboires de la collecte de sang au Burundi

Kenyans donate blood at the Nairobi bomb blast memorial area, Kenya. February 2008. The blood drive was organized by the Kenya Red Cross Society.
(Julius Mwelu/IRIN)

Les pénuries de sang, qui ont causé la mort de plusieurs personnes au Burundi et ont suscité des appels en faveur d’une réforme du système de transfusion sanguine, sont imputées aux réductions budgétaires et à la lenteur bureaucratique.

« Une femme est décédée lors d’une césarienne à Bujumbura, une autre est morte à Gitega, dans le centre du pays, tandis qu’un troisième patient est décédé à Ngozi, dans le nord du Burundi », a déclaré Moïse Ntiburuburyo, président de l’Association burundaise pour la défense des droits des malades.

Dans tout le pays, de nombreux hôpitaux sont touchés depuis quelques semaines par une grave pénurie de produits sanguins, à cause du manque de poches de sang – ce qui retarde les opérations programmées, d’après M. Ntiburuburyo.

Le directeur du Centre national des transfusions sanguines (CNTS), Gilbert Nduwayo, a déclaré à IRIN que le centre avait reçu environ 1 500 poches destinées au don du sang il y a quelques jours, ce qui a permis à ses équipes d’organiser des collectes de sang dans plusieurs régions du pays.

Bien que le problème ne soit pas encore résolu, la situation est sous contrôle, a-t-il affirmé.

M. Nduwayo attribue cette pénurie au manque de fonds et à la lenteur des procédures qu’il est obligé de suivre pour se procurer des poches de sang – il lui faut parfois attendre jusqu’à deux mois pour remplir toutes les formalités.

Le CNTS, l’unique organisation autorisée à collecter du sang au Burundi, nécessite un budget annuel de 1,2 milliard de francs (775 000 dollars) pour remplir correctement sa mission, mais reçoit seulement 575 millions de francs (370 000 dollars), a-t-il ajouté.

Mélance Hakizimana, président de SYNAPA, un syndicat des travailleurs de la santé, a qualifié cette pénurie de « scandaleuse » et a réclamé « des enquêtes urgentes » sur la situation de crise.

Le CNTS ne fonctionne pas normalement depuis cinq mois, a-t-il dit, réclamant un étoffement du budget.

« Comment se fait-il que le CNTS se plaigne de ne pas avoir de véhicules pour la collecte de sang, alors que certains hauts fonctionnaires du ministère [de la santé] viennent juste d’acquérir de nouveaux véhicules et de continuer à percevoir des indemnités de déplacement allant jusqu’à 500 000 francs (322 dollars), quand le CNTS manque de poches de sang qui coûtent 2 500 francs (1,6 dollar) ? », a-t-il déclaré.

Au début de 2014, le budget du CNTS a été réduit de 50 millions de francs, ce qui a gravement nui aux opérations, même si ce montant a ensuite été réinjecté en milieu d’année, a expliqué M. Nduwayo.

Le centre doit collecter près de 16 000 poches de sang pour répondre aux besoins d’ici la fin de l’année, a-t-il dit.

M. Ntiburuburyo, qui défend les droits des malades, a déclaré que les patients seraient mieux soignés grâce à une augmentation des capacités des banques de sang et à une automatisation du processus de prise de sang.

Grâce à un système automatisé, il serait possible de collecter le sang de 10 personnes en quelques minutes puis de tester très rapidement les échantillons, contrairement à la méthode actuelle où il faut 15 minutes pour prélever le sang d’un seul donneur, a-t-il expliqué.

dn/am/cb-fc/ld


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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