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La formation des enseignants, un espoir pour l’éducation en milieu rural au Myanmar

Schoolgirl Pan Kwee, 10, in Chin State's Laung Pan primary school, who said she wants to be a scientist
Pan Kwee- scientist in the making? (Lynn Muang/ IRIN)

En Inde, une école religieuse pour les jeunes immigrés du groupe ethnique des Chin, originaires du nord-ouest du Myanmar forme une nouvelle génération de missionnaires. Ces derniers retourneront ensuite dans leur région montagneuse, de l’autre côté de la frontière, pour offrir aux enfants, des zones rurales reculées notamment, un meilleur accès à l’éducation.

« Nous devons améliorer le système éducatif dans notre pays, afin qu’il y ait plus d’écoles pour les enfants. Si Dieu le veut, je retournerai au sein de ma communauté pour répandre ce message », a déclaré Simion Fungneizam, 22 ans. Il étudie au Carson College, une école de confession baptiste à Aizawl, la capitale de l’État du Mizoram, dans le nord de l’Inde.

Les Chin sont l’ethnie la plus pauvre du Myanmar : les Nations Unies affirment qu’au moins 73 pour cent de la population de l’État, majoritairement chrétienne et estimée à 500 000 habitants, vit sous le seuil de pauvreté. Comme d’autres minorités, les Chin ont fui des années de pauvreté et le régime militaire pour venir se réfugier au Mizoram où ils seraient environ 100 000 à vivre aujourd’hui.

Certains condisciples de M.Fungneizam sont nés en Inde de parents Chin ayant fui les troubles politiques à la suite d’un soulèvement contre le gouvernement militaire birman en 1988. D’autres sont arrivés en Inde avec leur famille il y a quelques années, en quête d’une vie meilleure.

Selon Human Rights Watch (HRW), les arrestations et détentions arbitraires, la torture et le travail forcé comptent parmi les principales raisons pour lesquelles les Chin fuient le Myanmar. Selon l’Institute for Peace and Conflict Studies(IPCS), implanté à New Delhi, la majorité des Chin se rendraient également dans le Mizoram pour trouver de meilleures conditions économiques.

Mais ils n’ont pas de statut juridique en Inde, ce qui rend la recherche d’emploi et l’accès aux services particulièrement difficiles et les expose aux mauvais traitements. M. Fungneizam a expliqué à IRIN qu’il avait vu la génération de ses parents tenter tant bien que mal de survivre, en accomplissant parfois des tâches physiques et dangereuses.

Les décennies de misère ont pesé lourdement sur l’éducation au Myanmar. Le manque d’infrastructures pour les enfants de réfugiés et d’immigrés au Mizoram fait obstacle à un enseignement de qualité des deux côtés de la frontière de 1 463 km.

Selon les professeurs et les élèves, les écoles missionnaires au Mizoram essayent de combler ce fossé en aidant les jeunes étudiants à décrocher un diplôme pour améliorer leur sort, mais aussi pour permettre aux générations futures d’avoir un meilleur accès à l’éducation au Myanmar.


Un moyen de progresser

Au Carson College, les étudiants apprennent, mangent, dorment et prient dans le même petit local. Pour la quasi-totalité d’entre eux, c’est la première fois qu’ils ont vraiment la possibilité de suivre des études ciblées.

« Au Myanmar, c’est dur de s’instruire. Peu de gens ont les moyens de continuer l’école et il y a très peu d’enseignants », a expliqué Vanbawibeklian, 17 ans, étudiant en première année de licence au Carson College. Il est originaire d’un village isolé qui compte seulement quelques familles, dans le nord de l’État Chin.

Selon Country Agency for Rural Development (CAD), une organisation non gouvernementale (ONG) catholique, l’État Chin comptait en 2013 1 000 écoles et 5 600 enseignants du primaire et du secondaire pour 121 000 élèves. L’ONG constate que le matériel scolaire fait cruellement défaut et que les enfants des régions rurales doivent souvent marcher des heures pour se rendre à l’école, ce qui favorise l’abandon scolaire.

« Les enseignants sont suffisamment nombreux, mais ils ne sont pas qualifiés », a déclaré Joseph Win Hlaingoo, directeur du CAD à Yangon.

En Inde, des Chin ont dit à IRIN qu’ils ne pouvaient pas envoyer leurs enfants à l’école primaire s’ils n’avaient pas les moyens de payer les frais d’inscription. Ils sont parfois obligés de soudoyer les directeurs d’école pour que leurs enfants puissent suivre les cours. Selon un rapport publié en 2011 et réalisé par une coalition d’ONG américaines, les enfants Chin au Mizoram ont plus de mal à payer les frais scolaires que les enfants indiens. Il leur est en outre plus difficile d’acheter des manuels scolaires, des uniformes ou des repas.

En Inde, l’inscription au lycée et à l’université est encore plus difficile pour les Chin qui ne peuvent rarement s’inscrire, faute de papiers d’identité ou d’acte de naissance.

La plupart des jeunes Chin se préoccupent plus de trouver un travail pour aider à subvenir aux besoins de leur famille que de faire des études. Mais, comme les perspectives d’emploi sont rares, ils sont souvent tentés par le travail illégal et vendent de la drogue, y compris des méthamphétamines et du hachisch, ou de l’alcool, ce qui est interdit au Mizoram.

« Certaines familles défavorisées demandent à leurs filles de vendre de l’alcool ou de la drogue », a déclaré ZoSangbuii, présidente de la Ligue des femmes de l’État Chin. « L’éducation est un moyen positif d’aider les jeunes gens à améliorer leur sort. »

Un moyen de s’en sortir pour les Chin

Au Mizoram, les écoles missionnaires sont parmi les seules institutions à offrir une formation d’enseignant aux Chin. « Il ne s’agit pas simplement d’une formation pour nos étudiants. Nous espérons qu’ils retourneront un jour dans les villages… d’où ils sont originaires pour servir leur communauté », a déclaré le père Vanlelruata, fondateur du Carson College.

Les étudiants suivent des cours de mathématiques et de sciences, ainsi que des cours intensifs d’anglais. À l’issue d’un cursus de trois ans, ils peuvent obtenir une licence. L’église paye souvent les frais d’inscription des étudiants qui n’en ont pas les moyens.

Quelques étudiants diplômés sont déjà retournés dans l’État Chin pour ouvrir des écoles dans les régions rurales. Le père Vanlelruata dit des jeunes qui arrivent à l’école qu’« ils sont timides. Mais à la fin [de leurs études], ils ont l’espoir [d’un avenir meilleur] ».

fb/kk/he-fc/amz


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