The New Humanitarian Annual Report 2021

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Les pays pauvres plus vulnérables aux conditions climatiques extrêmes

[Kenya] Only massive investment by
Kenya's government to give herdsmen access to abbattoirs, freezing plants and good roads to market will pull them off the poverty line and allow them to survive lean times like the current drought, which has killed more
(Mike Pflanz/IRIN)

Ces quarante dernières années, les catastrophes climatiques ont fait plus d’un million de victimes dans les pays les plus pauvres du monde – soit plus de cinq fois la moyenne mondiale. Pourtant, ces derniers n’arrivent pas à attirer les financements nécessaires à leur adaptation, rapporte un article publié lors de la conférence des Nations Unies sur le changement climatique de Varsovie.

« Moins d’un septième des 5 milliards de dollars requis pour financer les projets les plus urgents d’adaptation au changement climatique dans les pays les moins avancés (PMA) a été versés par les pays riches – une broutille en comparaison au budget annuel qu’ils consacrent à leurs propres catastrophes, ou au volume mondial des subventions aux combustibles fossiles », note l’article : A burden to share? Addressing unequal climate impacts in the least developed countries (Un fardeau à partager ? S’attaquer aux inégalités de l’impact climatique dans les pays les moins avancés).

Le contraste est saisissant entre les sommes requises par les pays pauvres et celles que les pays du monde entier consacrent au secteur de la défense (4,6 milliards de dollars par jour) ou aux subventions aux combustibles fossiles (1 billion pour la seule année 2012).

L’article, coécrit par l’Institut international de l’environnement et du développement (IIED) et le Brown Center (le centre d’études environnementales de l’université de Brown, aux États-Unis), a analysé les taux de mortalité que le Centre de recherche sur l’épidémiologie des catastrophes (CRED), basé en Belgique, a relevés dans 49 PMA entre janvier 1980 et juillet 2013.

L’analyse conclut à un total de 1,28 million de victimes liées aux catastrophes climatiques pour ces seuls pays. De janvier 2010 à juillet 2013, le nombre de victimes « augmente pour atteindre le niveau ahurissant de 67 pour cent du total mondial, soit 5,5 fois le taux de mortalité mondial par habitant lié aux catastrophes climatiques ». Avec un bilan de 50 000 à 100 000 morts – des enfants de moins de 5 ans pour plus de la moitié – la sécheresse et la famine qui ont frappé l’Afrique de l’Est en 2011 arrivent en tête des événements les plus marquants.

Fonds pour les PMA insuffisants

Le Fonds pour les PMA instauré par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) n’a reçu que 679 millions de dollars : plus de 4,2 milliards de dollars manquent pour financer les projets d’adaptation existants. Le fonds a été créé pour financer des projets adaptés aux besoins urgents identifiés par chaque pays dans son plan d’action national d’adaptation (PANA).

Les auteurs de l’article – dont Ousman Jarju, envoyé spécial pour le climat de la Gambie et ancien représentant de la délégation des PMA à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique – soulignent le fait que le processus d’élaboration des PANA s’est lui-même heurté à une insuffisance des capacités administratives et à un manque de moyens. Les pays ont eu recours à différentes méthodes pour rendre compte de la « vulnérabilité sociale, économique et environnementale aux contraintes et aux risques climatiques ».

Sachant que les catastrophes climatiques font déjà de nombreuses victimes dans les pays pauvres, on est en droit de s’interroger sur la marge d’adaptation réelle. Les PMA ne devraient-ils pas plutôt chercher réparation par le biais d’un mécanisme s’intéressant aux pertes et aux dommages ?

« Jamais la nécessité d’intensifier les financements destinés aux efforts d’adaptation des pays les moins avancés n’a été aussi forte. Le financement intégral des plans d’adaptation développés par ces pays dans le cadre des PANA […] aurait une multitude de conséquences positives en permettant de sauver des vies, de protéger les moyens de subsistance, et de renforcer la résilience face aux catastrophes à venir » a dit à IRIN David Ciplet, du Brown Center, l’un des auteurs de l’article.

« En même temps, du fait du manque cruel d’initiative de la part des pays riches pour mitiger le changement climatique et pour fournir les financements nécessaires à l’adaptation, on assiste désormais à des catastrophes climatiques face auxquelles il n’est pas possible de s’adapter immédiatement. Ce nouveau contexte international – et les inégalités qu’il exacerbe – appelle un vrai mécanisme de "pertes et dommages" »

jk/he-xq/ld


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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