1. Accueil
  2. Asie
  3. Philippines

L’état du système de santé après le passage du typhon Haiyan

Dr Marife Garfin points to a destroyed emergency room and facilities of the Bethany Hospital in Tacloban City in the wake of Typhoon Haiyan, which struck the central Philippines on 8 November 2013
(Dennis Jay Santos/IRIN)

Les évaluations continues des dommages causés aux établissements de santé par le typhon Haiyan (connu localement sous le nom de Yolanda), qui a touché terre le 8 novembre aux Philippines, montrent qu’environ 41 pour cent d’entre eux – des hôpitaux, pour la plupart – ne fonctionnaient pas en date du 19 novembre, forçant les patients et le personnel soignant à improviser pour obtenir ou fournir des soins vitaux.

Au moins 117 établissements de santé situés dans sept provinces du centre des Philippines ont été endommagés par le typhon de catégorie 5. La plupart d’entre eux sont des établissements de santé primaires – les unités de santé des barangay (barangay health units, BHU) [le barangay est la plus petite unité administrative aux Philippines] – qui ont pour mission de répondre aux besoins essentiels de la population en matière de soins de santé, selon un rapport récent du ministère de la Santé philippin (Department of Health, DOH).

Le coût total des dommages subis par les établissements de santé des provinces d’Aklan, d’Antique, de Capiz, d’Iloilo et de Leyte, de Cebu, dans la région des Visayas, et de Palawan, dans la région de Luzon, est estimé à environ 5 millions de dollars. Le ministère de la Santé a cependant précisé que certaines régions étaient toujours inaccessibles et hors d’atteinte des évaluateurs et qu’il ne s’agissait dès lors que d’une estimation préliminaire des dommages et de la souffrance humaine.

Des hôpitaux lourdement endommagés

Des 117 hôpitaux qui ont fait l’objet d’une évaluation, 43 sont lourdement endommagés. La plupart d’entre eux sont situés dans les Visayas orientales, l’archipel qui a été le plus durement affecté par les vents soutenus de 315 km/h. Les hôpitaux qui ont résisté au typhon n’ont pas pu fonctionner dans les premiers jours qui ont suivi, car les membres du personnel soignaient leurs propres blessures et s’occupaient de leurs familles.

Selon les plus récentes statistiques du Conseil national de réduction et de gestion des risques de catastrophes (NDRRMC), le typhon Haiyan aurait fait au moins 4 000 victimes et affecté au moins 10 millions de personnes.

Près de 400 000 personnes sont hébergées dans quelque 1 500 centres d’évacuation et plus de 4 millions de déplacés ont été accueillis par des proches ou des amis.

Des installations improvisées

Les travailleurs de la santé s’installent souvent au beau milieu des décombres pour venir en aide aux gens qui en ont besoin. « Les travailleurs de la santé locaux ont créé une zone plus sécuritaire pour répondre aux besoins de la population, mais les capacités sont limitées parce que les équipements et les fournitures médicales ont disparu », a dit Gegham Petrosyan, coordonnateur santé du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aux Philippines.

Le CICR concentre ses efforts sur l’île de Samar, dans les Visayas orientales, où il faudra trois à six mois pour réhabiliter les hôpitaux tertiaires capables de gérer des cas plus compliqués. Il est dès lors important de soutenir les établissements de santé primaire locaux. « Il s’agit de les ramener au niveau qu’ils avaient avant le typhon. Nous voulons donner aux unités de santé des barangay la capacité de répondre aux besoins de la population », a dit M. Petrosyan.

Eric Tayag, porte-parole et secrétaire adjoint au ministère de la Santé, a dit à IRIN que le gouvernement s’était fixé comme objectif de réparer ou de reconstruire les établissements de santé rendus non fonctionnels par le typhon d’ici un an, et de mettre en place des installations « improvisées » d’ici là.

M. Petrosyan a dit qu’une augmentation du nombre de blessures coïncidant avec le début de l’enlèvement des débris avait été enregistrée dans les zones dévastées.

Dans une interview donnée depuis Cebu le 18 novembre, Natasha Reyes, coordonnatrice d’urgence de Médecins Sans Frontières (MSF) aux Philippines, a dit que les coupures et les blessures causées par des clous, que subissaient les habitants « en se déplaçant dans les décombres », faisaient de la vaccination contre le tétanos une priorité pour les équipes qui travaillent sur les îles de Leyte, de Panay et de Samar.

Le 19 novembre, MSF a offert ses services dans trois cliniques mobiles mises en place sur l’île de Panay, dans les Visayas occidentales, où le typhon a détruit de nombreux bateaux, le principal moyen de transport de cette région côtière et le moyen habituel de se déplacer pour obtenir des soins de santé.

Un certain nombre de survivants du typhon souffrant de maladies chroniques ont dit avoir épuisé leur réserve de médicaments essentiels au maintien de la vie, a dit Mme Reyes, qui a par ailleurs souligné que des patients avaient aussi rapporté « des douleurs mystérieuses » qui pourraient avoir des causes psychologiques.

« De nombreuses personnes sont trop occupées pour absorber réellement ce qui s’est passé », a-t-elle dit dans une récente déclaration. « J’ai rencontré une femme qui avait perdu sa fille et sa mère dans le typhon. Elle m’a dit ça avec beaucoup de détachement. Elle a dit qu’elle avait pleuré lorsque c’était arrivé, mais pas depuis. Je pense que de nombreux effets de la catastrophe se manifesteront plus tard. Nos équipes auront de quoi faire pendant un certain temps encore », a dit Mme Reyes.

Aide internationale

Selon le directeur du NDRRMC Eduardo Del Rosario, les équipes médicales internationales contribuent à combler les lacunes sur le terrain. « Les travailleurs de la santé ont été nombreux à affluer vers les îles dévastées. Des unités de santé ont été établies sur une base temporaire. Nous avons aussi à notre disposition un porte-avion américain, qui a entrepris des opérations de grande envergure », a-t-il dit à IRIN.

En date du 20 novembre, MSF avait déployé 160 travailleurs internationaux sur le terrain. Des hôpitaux de campagne sont mis en place par la Croix-Rouge canadienne (avec le soutien de la Croix-Rouge norvégienne et de la Croix-Rouge de Hong Kong), la force aérienne australienne (Royal Australian Air Force, RAAF) et l’armée israélienne (Israeli Defence Force, IDF). L’organisation Save the Children doit bientôt déployer par hélicoptère une équipe médicale dans les îles plus isolées.

Des équipes médicales supplémentaires se tiennent prêtes à intervenir. Elles sont composées de ressortissants de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, de la Corée, du Japon, de la Malaisie et de la Russie.

cf/pt/he-gd/ld


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Hundreds of thousands of readers trust The New Humanitarian each month for quality journalism that contributes to more effective, accountable, and inclusive ways to improve the lives of people affected by crises.

Our award-winning stories inform policymakers and humanitarians, demand accountability and transparency from those meant to help people in need, and provide a platform for conversation and discussion with and among affected and marginalised people.

We’re able to continue doing this thanks to the support of our donors and readers like you who believe in the power of independent journalism. These contributions help keep our journalism free and accessible to all.

Show your support as we build the future of news media by becoming a member of The New Humanitarian. 

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join