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Distribution « chaotique » de l’aide aux Philippines plus d’une semaine après le séisme

Loon, Bohol - Survivors of a 7.2 magnitude killer quake that struck the central Philippines use a small canoe to cross a river after the main bridge connecting the hardest hit town of Loon in Bohol island fell
Survivors use a small canoe to cross a river after the collapse of a bridge on Bohol island (Jason Gutierrez/IRIN)

Plus d’une semaine après le séisme meurtrier qui a frappé le centre des Philippines, faisant près de 200 morts et des dizaines de milliers de déplacés, les travailleurs humanitaires n’ont toujours pas accès à certaines zones et la population craint une diminution des approvisionnements en nourriture et en matériel de secours.

Gwendolyn Pang, secrétaire général de la Croix Rouge philippine, a dit à IRIN qu’au moins un maire d’une localité de l’île de Bohol — épicentre du séisme — avait « brutalement demandé » à la Croix Rouge de lui remettre ses articles de secours d’urgence pour qu’il puisse les distribuer lui-même. La Croix Rouge a refusé et a reçu l’ordre de quitter la ville de Maribojoc, l’une des zones dévastées par le séisme d’une magnitude de 7,2.

« Nous avons de la nourriture et de l’eau, mais cela ne va pas durer longtemps. Nous pouvons tirer de l’eau des puits, mais elle n’est pas aussi propre qu’avant », a dit Serafin Magallen en attendant des rations sur l’autoroute détruite de Jetafe, une municipalité de l’île, tandis que des dizaines de personnes autour de lui demandaient de l’aide aux véhicules qui passaient.

Certains avait écrit « aidez-nous » en grosses lettres sur l’autoroute pour que les hélicoptères puissent les repérer et leur faire parvenir des secours.

« Les gens ont faim, ils sont dehors dans le froid et certains n’ont pas encore pu enterrer leurs morts, mais les autorités se disputent les approvisionnements d’urgence », a dit M. Magallen. « Ils devraient arrêter cela maintenant et permettre à ces produits de parvenir jusqu’à nous ».

Le séisme a frappé Bohol le 15 octobre. C’est le plus violent à avoir touché ce pays sujet aux catastrophes naturelles ces dernières années. Plusieurs provinces voisines l’ont ressenti et plus de 2 500 répliques ont depuis secoué la région.

Selon le Conseil national de réduction et de gestion des risques (National Disaster Risk Reduction and Management Council, NDRRMC), le séisme a fait au moins 195 morts, principalement à Bohol, qui est une destination touristique populaire. Sur les trois millions de personnes touchées environ, 344 000 ont été déplacées dans 99 sites d’évacuation ou se sont réfugiées chez des proches, a ajouté le NDRRMC.

Le séisme a détruit près de 45 000 maisons et des dizaines de ponts et de routes. Il est donc difficile pour les travailleurs humanitaires de parvenir jusqu’aux victimes. Des dizaines de sites classés, dont des églises catholiques vieilles de plusieurs siècles, des hôpitaux, des écoles et des établissements publics et privés ont également été ravagés. Les dommages causés aux infrastructures sont estimés à environ 23 millions de dollars.

Le président Benigno Aquino a reconnu dans une conférence de presse le 22 octobre que, bien que les autorités cherchaient à atteindre les communautés isolées, certains villages des hautes terres étaient toujours sans électricité.

Selon une mise à jour du suivi des opérations de secours menées après le séisme, réalisée le 21 octobre par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), le rétablissement de l’électricité n’est pas synonyme d’eau courante potable.

Selon l’OCHA, si le 20 octobre la plupart des ponts et des routes étaient réparés, les communautés reculées restaient difficiles à atteindre et « les dommages importants causés aux infrastructures, aux bâtiments publics et aux services » limitaient la mise en place d’abris d’urgence.

« On m’a assuré qu’aucune communauté n’était laissée de côté », a dit M. Aquino, ajoutant que des fournitures suffisantes pour deux semaines étaient en train d’être acheminées par transport aérien ou par bateau vers l’île pour être distribuées à chaque famille.

Accusations d’accumulation des fournitures d’urgence

En attendant, le secrétaire de l’Intérieur, Mar Roxas, a déclaré avoir ordonné à la police nationale de vérifier des signalements selon lesquels certains fonctionnaires locaux de Bohol « accumuleraient » des fournitures d’urgence pour les distribuer à leurs sympathisants.

« Ce n’est pas bien de la part des fonctionnaires de garder ses fournitures. Si des preuves sont apportées, ceux qui ont accumulé des produits devraient être punis », a-t-il dit.

M. Roxas a dit que des fonctionnaires locaux du ministère de la Protection sociale et du Développement lui avaient signalé que de nombreux résidents n’avaient pas reçu de secours d’urgence. Ils ont d’ailleurs attiré son attention sur l’incident de la Croix Rouge, chassée par un maire pour avoir refusé de lui remettre ses articles de secours d’urgence.

Selon M. Roxas, près de 100 000 colis alimentaires familiaux ont été acheminés vers les zones touchées par le séisme.

aag/pt/cb-ld/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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