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Les combats dans la vallée de Tirah font 40 000 déplacés

Some IDPs fleeing Orakzai Agency near the Pakistan-Afghan border have special reason to be fearful
(Abdul Majeed Goraya/IRIN)

Selon l’Autorité de gestion des catastrophes des zones tribales sous administration fédérale (FDMA), environ 40 000 habitants de la vallée de Tirah, région pakistanaise proche de la frontière afghane, ont fui les combats de ces dernières semaines.

La plupart des réfugiés de l’Agence de Khyber se dirigent vers les districts de Kohat, Hangu et Peshawar, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa (KP), ou vers l’Agence de Kurram, dans les régions tribales.

« Ma femme, ma vieille mère et mes deux frères ont marché pendant plus de 14 heures pour se mettre en sécurité », a dit Abdullah Khan, 30 ans, qui est maintenant hébergé par des proches à Peshawar.

Il a relaté que sa femme, enceinte de sept mois, « souffrait de fortes crampes à l’estomac ». Ses frères et lui ont porté sa mère jusqu’à ce qu’ils trouvent un camion pour les emmener, car « elle est très fragile et ne peut pas marcher plus de 30 minutes ».

Les récits rapportés par les organisations humanitaires sont tout aussi poignants. Selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, de nombreuses personnes ont marché pendant des heures « sans accès aux services essentiels tels que des abris et de l’eau ».

Le gouvernement a proposé des services de transport pour les déplacés.

« Les gens ont énormément souffert pour échapper à la violence et sauver leur vie. La plupart d’entre eux ont laissé leur maison et leurs moyens de subsistance et n’ont pu emporter que le strict minimum pour tenir pendant le trajet pour quitter la vallée, » a dit Saeed Ullah Khan, directeur du Conseil norvégien pour les réfugiés au Pakistan.

Hostilités croissantes

Selon le Centre de surveillance des déplacements internes, basé à Genève, le Pakistan compte déjà quelque 750 000 personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) à cause du conflit et des catastrophes naturelles.

« L’escalade des hostilités dans la zone de Bagh Maidan de la vallée de Tirah, dans l’Agence de Khyber, a déplacé plus de 5 200 familles (40 600 individus). Les déplacements ont commencé au cours de la semaine dernière. La plupart des PDIP sont des enfants (46 pour cent) et des femmes (32 pour cent) », a précisé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans un rapport de la situation citant des informations de la FDMA.

Les combats qui opposent les troupes gouvernementales et les islamistes dans la vallée de Tirah, région traversée par des axes stratégiques vers l’Afghanistan, durent depuis plusieurs mois, mais se sont récemment intensifiés avec la prise de contrôle de zones clés par les insurgés.

Ce conflit est compliqué et concerne au moins trois groupes extrémistes, eux-mêmes objets de divisions internes.

« Nous n’avons reçu aucune aide et nous ne savons pas quoi faire. Nous n’avons rien pu emporter. Nous n’avons ni vêtements, ni nourriture, ni papiers, ni argent »

La communauté humanitaire est en train de lancer une opération d’enregistrement des 40 000 PDIP et distribue de l’aide dans les camps de PDIP de New Durrani, Jalozai et Togh Sarai, a dit Jean-Luc Siblot, coordinateur par intérim des organisations humanitaires au Pakistan et représentant du Programme alimentaire mondial dans le pays.

« Nous nous attendons à ce que le nombre [de déplacés] augmente et que les tensions se poursuivent. Les organisations surveillent la situation de très près », a-t-il dit.

Aide entravée par l’insécurité

Les déplacés n’atteignent pas toujours des lieux plus sûrs. La semaine dernière, un attentat à la voiture piégée a fait 17 morts et de nombreux blessés à un point de distribution alimentaire du camp de Jalozai.

« Nous pensons que l’explosion a été organisée par des extrémistes qui visaient des membres de tribus qui s’opposaient à eux et avaient fui leurs villages lors de l’avancée des talibans », a dit à IRIN le chef de la police du district, Muhammad Hussain.

L’insécurité entrave encore davantage le travail des organisations humanitaires.

« La communauté humanitaire surveille la situation et se tient prête à venir en aide aux PDIP dès que le gouvernement mettra en place des mesures d’atténuation [de l’insécurité] », signale le rapport de l’OCHA.

En attendant, les difficultés persistent pour les PDIP.

« Nous n’avons reçu aucune aide et nous ne savons pas quoi faire. Nous n’avons rien pu emporter. Nous n’avons ni vêtements, ni nourriture, ni papiers, ni argent », a dit Abdullah Khan, qui cherche également des soins médicaux d’urgence pour sa femme souffrante et se demande quoi faire ensuite.

kh/jj/rz –ld/amz


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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