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Des glissements de terrain menacent les sites de déversement de déchets radioactifs

Les habitants de Min-Kush, un village de la province de Naryn, dans le centre du Kirghizistan, s’inquiètent à l’idée qu’un glissement de terrain puisse détruire un site de déversement de déchets radioactifs situé près de là, et entraîner ainsi la contamination de leur fleuve local.

Le site de déversement des déchets radioactifs, qui date de l’ère soviétique, se situe à environ deux kilomètres de Min-Kush et à proximité du Tuyuk-Suu, ledit fleuve.

« Nous avons peur que de fortes averses ne provoquent un énorme glissement de terrain. Cela pourrait détruire le site de déversement des déchets radioactifs, et contaminer ainsi le fleuve. Que fera-t-on ? », a demandé Saparkul Burkokbaeva, 35 ans, qui habite Min-Kush.

La région est montagneuse et sujette aux tremblements de terre, et selon les experts du ministère des Urgences, des pluies torrentielles pourraient déclencher des glissements de terrain potentiellement dévastateurs qui risqueraient de dévier le cours du Tuyuk-Suu, et/ou d’emporter les déchets du site de déversement, un des plus grands sites connus. La décharge contient environ 450 000 mètres cubes de déchets radioactifs.

« Une décision doit être prise d’urgence concernant les problèmes du village de Min-Kush. Nous avons eu beaucoup de pluies, et des glissements de terrain risquent d’obstruer ou de dévier le cours du Tuyuk-Suu », selon Kamchybek Tashiev, ministre des Urgences.

Au Kirghizistan, de nombreux sites de déversement de déchets radioactifs, héritage de l’Union soviétique, se trouvent dans des régions sujettes aux tremblements de terre et aux glissements de terrain, et présentent un risque de sécurité environnementale à la fois pour le Kirghizistan et l’Asie centrale.

Selon les propos rapportés le 5 novembre par AKIpress, site Internet kirghize d’actualité, Igor Chudinov, le Premier ministre kirghize, a déclaré qu’il existait un nombre considérable de sites de déversement de déchets radioactifs toxiques dans le pays, et que ceux-ci présentaient une menace de contamination pour l’ensemble de l’Asie centrale.

Au Kirghizistan, environ 6 500 hectares de terres ont été exposés à la contamination radioactive. Le pays compte 92 décharges de déchets dangereux, qui contiennent 254 millions de mètres cubes (475 millions de tonnes) de déchets, et notamment des radionucléides et autres substances toxiques. Les mines inexploitées, les sites de résidus non-traités et les débris rocheux non-traités présentent un risque. Les mesures de nettoyage les plus urgentes à prendre pour que ces résidus ne présentent plus de danger coûteraient pas moins de 40 millions de dollars, selon les estimations du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Si des déchets radioactifs se mêlaient aux eaux du Tuyuk-Suu, ces eaux contaminées pourraient circuler, en se déversant dans d’autres cours d’eau, jusque dans le Syr-Darya (un fleuve transfrontalier qui traverse le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kazakhstan) et plusieurs milliers de personnes pourraient être touchées, selon le ministère kirghize des Urgences.

Les solutions

Les experts n’ont pas encore trouvé de solution viable pour faire en sorte que la décharge des environs de Min-Kush ne présente plus de risque et assurer ainsi la sécurité de la communauté locale. Une des options possibles consisterait à déplacer les déchets pour les stocker en lieu sûr, mais certains scientifiques sont opposés à cette idée.

« Nous avons étudié toutes les données et nous en sommes arrivés à la conclusion que nous ne devrions pas perturber [l’état de] ces déchets radioactifs en les déplaçant. Il vaut mieux construire un nouveau lit [pour le Tuyuk-Suu] et renforcer les barrages qui contiennent les déchets en question. De cette façon, nous empêcherons que les déchets d’uranium s’infiltrent dans les eaux du fleuve et dans les sols », a expliqué Anatoliy Svirdukov, haut responsable russe de l’Agence fédérale pour l’énergie nucléaire, qui s’est rendu dans la région en octobre.

« Des déchets d’uranium ont été déversés à Tuyuk-Suu entre 1959 et 1963. Plus de 50 ans se sont écoulés depuis la construction des premiers sites de stockage structurés de manière professionnelle. En respectant les normes de stockage, on peut stocker des déchets d’uranium pendant plus de 1 000 ans sans aucun problème. Les autorités locales devraient contrôler [le stockage de ces déchets] et assurer qu’ils ne présentent pas de risque », a estimé M. Svirdukov.

« Mais il n’y a aucune clôture, ni aucun panneau pour avertir des dangers que cela représente pour les populations et le bétail », a-t-il ajouté.

gm/at/cb/nh/vj


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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