Une centaine d’hommes armés ont braqué 40 véhicules à 60 kilomètres au nord de la ville de Ziguinchor le 26 février, puis ont agressé et dépouillé les passagers de leur argent et de leurs autres objets de valeur. Selon un officier de l’armée sénégalaise, les assaillants appartenaient au groupe sécessionniste du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).
« J’ai perdu plus de 400 dollars », a confié à IRIN un passager d’une voiture braquée. Une ressortissante de Guinée-Bissau qui retournait dans son pays après un séjour à Dakar a indiqué « que d’autres passagers et [elle-même avaient] été agressés par les assaillants ».
Les assaillants étaient armés de Kalachnikovs et portaient des uniformes militaires, a expliqué un autre passager à IRIN. Ils passaient de voiture en voiture, et battaient les passagers, a-t-il dit. « Ils ont ligoté certaines personnes, puis leur ont volé montres, téléphones portables et argent ».
Depuis le début des années 1980, la région de la Casamance, dans le sud du Sénégal, est en proie à un conflit de faible intensité malgré plusieurs accords de paix.
Deux hommes, dont un officier de l’armée sénégalaise, ont été grièvement blessés au cours de la dernière attaque. Ils ont été évacués vers l’hôpital régional de Ziguinchor.
Le braquage s’est produit sur l’axe routier Senoba-Ziguinchor, à quelques kilomètres seulement du camp militaire sénégalais d’Oilampane. Pourtant, l’armée n’est arrivée sur les lieux que 30 minutes après que les assaillants se furent enfuis, a déclaré un porte-parole de l’armée sur les ondes d’une radio locale.
Selon lui, les soldats sont intervenus dès qu’ils ont été informés de l’incident. Depuis, l’armée a renforcé la sécurité sur la route, a-t-il ajouté.
« Nous n’avons pas d’information précise sur l’attaque, mais nous pensons que [les auteurs] sont des membres de la faction du MFDC dirigée par Salif Sadio ».
D’après les passagers, les assaillants se sont ensuite enfuis vers le nord, en direction de la Gambie.
Après une période relativement calme, une recrudescence des actes de banditisme a été observée ces deux derniers mois, selon les habitants de Ziguinchor. À l’instar du récent braquage, de nombreuses autres attaques ont lieu dans la région nord de la Casamance que contrôlerait Salif Sadio ; mais des attaques identiques ont également lieu à la frontière sud de la Casamance avec la Guinée-Bissau, où des rebelles armés pillent souvent les populations civiles.
Selon Vincent Foucher, chercheur au Centre d’étude d’Afrique noire à Bordeaux, toute la région reste un no-man’s-land où règne un climat de « ni paix ni guerre ».
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