En 2007, les mines terrestres, les engins non explosés (UXO) et les munitions explosives abandonnées (AXO) ont fait 143 morts et 438 blessés dans différentes régions d’Afghanistan, selon les statistiques du Centre d’action anti-mines des Nations Unies en Afghanistan (UNMACA).
La plupart des victimes sont des individus de sexe masculin, âgés d’un à 26 ans, et originaires des provinces du sud où les actions de la rébellion ont aggravé les conditions de sécurité, paralysant ainsi les opérations de déminage.
Le nombre de personnes tuées par des mines terrestres et autres restes explosifs de la guerre a augmenté de 13,2 pour cent en 2007 par rapport à l’année 2006, mais le nombre total des victimes (morts et blessés compris) a baissé de plus de 29 pour cent, selon les indications de l’UNMACA.
Les mines terrestres, les munitions non explosées et les munitions explosives abandonnées ont fait 124 morts et 697 blessés afghans en 2006.
Selon des spécialistes du déminage, environ 95 pour cent des blessures occasionnées par les mines terrestres entraînent une forme de handicap.
D’après un rapport d’IRIN sur les mines, intitulé Laying Landmines to Rest? Humanitarian Mine Action (Elimination des mines terrestres – Action humanitaire contre les mines), le coût de production des mines antipersonnel conventionnelles varie entre trois et 27 dollars américains, alors que d’autres mines, technologiquement plus élaborées, telles que les mines à fragmentation ou les mines autodestructrices, coûtent jusque 50 fois plus cher.
Dans les conflits de faible intensité, la plupart des belligérants - rebelles, groupes paramilitaires et forces gouvernementales – préfèrent utiliser des mines antipersonnel de première génération parce qu’elles sont moins chères, plus simples d’utilisation et plus faciles à fabriquer.
Selon le Centre britannique d’information et de formation au déminage (Mine Information and Training Centre/MITC), la neutralisation de chaque mine coûte entre 300 et 1 000 dollars à la communauté internationale.
Réduction du nombre de victimes
L’armée soviétique, qui avait envahi l’Afghanistan en 1979, et les différentes factions militaires qui s’y sont affrontées dans les années 1990 ont disséminé des millions de mines terrestres (antipersonnel ou antichar) à travers tout le pays, selon des experts.
En conséquence, plus de 70 000 Afghans ont été tués ou mutilés par l’explosion de mines terrestres au cours des deux dernières décennies du 20e siècle, selon les sociétés de déminage.
Durant les 15 dernières années, les sociétés de déminage ont débarrassé de vastes régions du pays des mines terrestres et munitions explosives abandonnées qui y avaient été disséminées. Cela a considérablement réduit le nombre des victimes. On ignore néanmoins le nombre de mines qu’il reste à éliminer.
« Auparavant, les mines terrestres faisaient une centaine de victimes par mois », a expliqué Mohammed Haider Reza, directeur de programmes à l’UNMACA. « Actuellement, on n’en compte plus que 50 à 60 par mois ».
En décembre 2007, le gouvernement afghan a annoncé que les stocks de mines terrestres se trouvant dans tous les camps militaires avaient été détruits et qu’il n’y avait plus de « stock de mines terrestres officiel » dans le pays.
Conformément à la convention d’Ottawa, l’Afghanistan a renoncé à produire, à stocker et à utiliser des mines antipersonnel.
Les restes explosifs de guerre
Alors que le nombre des victimes de mines terrestres baisse progressivement, les dangers que présentent les restes explosifs de la guerre suscitent des préoccupations de plus en plus vives, en particulier dans les régions du sud et du sud-est touchées par le conflit.
Selon le Protocole relatif aux restes explosifs de guerre (2003), tous les belligérants doivent « marquer et éliminer, retirer ou détruire les restes explosifs de guerre dans les territoires minés placés sous leur contrôle », et ce immédiatement après la fin des hostilités.
Mais en Afghanistan, tous les belligérants, en particulier les insurgés talibans, sont accusés de violer le principe de ce protocole et de la protection de la population civile.
« Les belligérants laissent souvent derrière eux des munitions explosives qui compromettent la sécurité de la population civile », a expliqué à IRIN Mohammed Sadeq Rachid, chef des opérations de l’UNMACA.
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