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Pénurie d’eau à Kano, malgré la nouvelle usine de traitement des eaux

L’usine ultramoderne de traitement des eaux estimée à 58 millions de dollars et implantée en dehors de Kano, officiellement la ville la plus peuplée du Nigeria, a été raccordée au réseau de distribution d’eau de la ville en décembre ; mais pour certains experts, les besoins vitaux de Kano ne seront toujours pas couverts.

« Le projet de l’usine de Tamburawa a plutôt été lancé pour des motifs politiques, mais pas pour résoudre le problème de pénurie d’eau à Kano », a indiqué à IRIN Nasiru Hamisu, un ingénieur hydraulique récemment à la retraite. « L’intention était de favoriser les personnalités influentes de la société qui a remporté le contrat ».

Depuis de nombreuses années, la ville de Kano est confrontée à des problèmes de pénurie d’eau, et sa production d’eau couvre moins de la moitié de ses besoins quotidiens estimés à 440 millions de litres, selon des experts locaux.

Mais le gouvernement de l’Etat a vigoureusement défendu la construction de la nouvelle usine.

« Nous voulons résoudre une fois pour toutes les problèmes de pénurie d’eau à Kano », a déclaré à IRIN Ibrahim Garba, le porte-parole du gouvernement local. « La meilleure solution est d’avoir une usine ultramoderne de traitement des eaux en plus des usines existantes ».

« La construction de cette nouvelle usine, qui permettra de fournir chaque jour 150 millions de litres d’eau supplémentaires, contribuera à résoudre le problème de l’eau à Kano », a indiqué le directeur général des services hydrauliques de Kano.

Toutefois, lorsque l’usine sera totalement opérationnelle « nous accuserons tout de même un déficit journalier de 90 millions de litres d’eau », a-t-il ajouté.

Une mesure inopportune

Pour M. Hamisu, plutôt que de construire une nouvelle usine, le gouvernement aurait dû réhabiliter les trois usines de la rivière Challawa et du barrage de Goje, qui couvrent une bonne partie des besoins en eau de Kano.

« Si le gouvernement avait réhabilité les usines de traitement des eaux de Challawa, révisé les pompes et matériels électriques et procédé au dragage de la rivière Challawa, il n’aurait pas été nécessaire de construire l’usine de Tamburawa », a-t-il dit.

Les autorités ont plutôt préféré détourner le cours de la rivière Challawa vers la nouvelle usine de Tamburawa. Les anciennes usines se retrouvent ainsi avec le barrage de Goje comme seule source d’approvisionnement en eau.

« Et il y a de fortes probabilités que ces anciennes usines ferment en cas de problèmes au niveau du barrage », a affirmé M. Hamisu.

Autre problème : lorsque la nouvelle usine sera totalement opérationnelle, elle nécessitera six pompes à eau électriques dont le fonctionnement dépendra de la société nigériane de distribution électrique qui n’est pas toujours fiable.

A cet effet, l’Etat a fourni quatre groupes électrogènes de secours pour assurer le fonctionnement des pompes, mais chacun de ces groupes consomme 33 000 litres de carburant par jour, ce qui correspond à un coût journalier de 117 000 dollars.

« L’Etat de Kano ne peut pas faire face à un coût aussi prohibitif », a fait remarquer M. Hamisu.

« Aucune dépense n’est excessive lorsqu’il s’agit de fournir de l’eau potable à la population de Kano […] En fait, nous envisageons d’avoir d’autres usines à Tamburawa si nos finances le permettent ».

La société canadienne Patterson Candy a démarré les travaux de construction de l’usine de Tamburawa il y a deux ans.

« Je suis fier de dire que le projet de Tamburawa peut concurrencer n’importe quel autre projet au monde en termes de qualité et de performances », a expliqué à IRIN Roy Strover, le directeur de projet chez Patterson Candy.

« Tout [problème] qui n’est pas lié aux termes du contrat n’est pas de notre ressort », a-t-il ajouté.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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