The New Humanitarian Annual Report 2021

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Les nouveaux déplacés du nord envisagent d’autres moyens de subsistance

Près de 4 000 habitants du Kurdistan, région semi-autonome du nord de l’Irak, ont fui leurs domiciles au cours des deux dernières semaines avant le bombardement par l’armée turque de plusieurs repères des rebelles kurdes, a indiqué un responsable local, le 26 décembre.

« Depuis que les avions de l’armée turque ont repris leurs bombardements sur les zones frontalières, le 16 décembre, près de 700 familles – environ 4 000 personnes – ont fui leurs villages, abandonnant tout derrière eux », a expliqué Mohammed Khalil, porte-parole de la Commission régionale déplacement et immigration.

Aujourd’hui, certains déplacés commencent à réaliser qu’ils ne pourront peut-être pas retourner chez eux de sitôt et envisagent d’autres solutions pour subvenir à leurs besoins dans les cités et villes où ils ont trouvé refuge.

« Le déplacement des villageois se poursuit […] et pourrait devenir incontrôlable. Certaines familles déplacées ont perdu leurs bétails ou ont assisté à la destruction de leurs maisons », a confié M. Khalil à IRIN au cours d’un entretien téléphonique.

Les familles déplacées se sont installées chez des parents et des amis, mais ces hôtes ne pourront pas continuer à leur offrir le gîte indéfiniment, a-t-il fait remarquer. Pour l’instant, aucun camp n’a été ouvert et la distribution de l’aide alimentaire se fait en collaboration avec les responsables locaux de chaque région, a-t-il ajouté.

Se construire une nouvelle vie

Selon Hama Numan Jalil, qui est hébergé chez un parent à Abil, vivre dans la zone frontalière devenait insupportable.

« J’ai perdu tout mon bétail la semaine dernière : neuf vaches, 18 moutons et 14 chèvres sur lesquels nous comptions pour vivre » a expliqué Jalil, un homme de 65 ans et père de huit enfants, au cours d’un entretien téléphonique avec IRIN.

« Nous avons tout abandonné – notre maison, qui a été détruite en partie, nos terres, et aujourd’hui nous nous retrouvons ici en ville, dans la maison de mon cousin qui a déjà 10 enfants à nourrir », a déploré M. Jalil.

Mais M. Jalil pense à présent retirer de l’école deux de ses fils pour qu’ils puissent aider à nourrir la famille.

« Il semble que ce conflit va se poursuivre pendant longtemps encore. Nous devons penser sérieusement à trouver d’autres moyens de gagner notre vie. Les garçons peuvent vendre des articles au bord de la route ou travailler comme maçons ou chauffeurs, a-t-il déclaré.

Les récentes opérations militaires

La toute dernière attaque a eu lieu le 26 décembre. L’aviation turque avait bombardé huit cachettes supposées des rebelles kurdes, selon des informations fournies par l’armée turque et reprises par la presse locale.

Les avions de chasse ont ciblé huit caves et des cachettes utilisées par les rebelles au cours d’un raid d’une grande précision, après la localisation d’un groupe de rebelles, a indiqué un communiqué publié sur le site web de l’armée.

Les frappes aériennes du 26 décembre ont été le troisième raid aérien confirmé contre des bases des rebelles, depuis le 16 décembre. L’armée a également confirmé que le 18 décembre des troupes avaient été déployées au sol pour traquer les rebelles.

Selon l’armée turque, au 25 décembre, plus de 200 cibles rebelles kurdes dans le nord de l’Irak ont été détruites depuis le 16 décembre et des centaines de rebelles ont été tués.

Le HCR préoccupé

Le 18 décembre, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont fait part de ses préoccupations concernant le nombre croissant de personnes ayant fui leurs habitants à cause des bombardements.

« Nous sommes très préoccupés par les déplacements de population dans le nord de l’Irak provoqués par les bombardements constants de l’armée turque, et nous avons procédé à une distribution urgente de vivres pour aider les personnes déplacées ayant tout abandonné derrière elles », a expliqué Astrid van Genderen Stort, porte-parole du HCR.

« L’hiver a commencé et les conditions de vie sont très dures, en particulier pour les familles d’accueil qui doivent à présent prendre en charge des personnes supplémentaires », a ajouté Mme van Genderen Stort.

Selon elle, bon nombre de déplacés ne peuvent pas payer un loyer mensuel de 200 à 300 dollars américains pour se loger.

Des produits non alimentaires tels que des couvertures, des matelas, des fourneaux, de lanternes et d’autres articles de première nécessité ont été distribués par le HCR aux familles les plus nécessiteuses, à Sulaimaniyah et Arbil, mais le pétrole manque encore cruellement.

Cette nouvelle vague de déplacés s’ajoute aux quelque 2,4 millions de personnes qui ont fui leurs habitations pour d’autres régions de l’Irak, depuis l’invasion du pays en 2003 par les forces de la coalition menées par les Etats-Unis. Près de 2,2 millions personnes se sont également réfugiées dans les pays voisins, en particulier en Syrie et en Jordanie, selon le HCR.

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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