Au moins trois personnes ont trouvé la mort au cours d’affrontements entre agriculteurs et éleveurs nomades, des violences déclenchées par le problème de l’accès aux pâturages dans l’Etat de Borno, au nord du Nigeria, selon la police et des témoins oculaires.
Mais selon plusieurs témoins, ces affrontements auraient fait plus de 20 morts.
D’après les témoignages recueillis, les affrontements ont éclaté le 20 décembre dans le village de Bulabulin Ngaburawa après que des éleveurs eurent fait paître leurs troupeaux sur des terres appartenant à des agriculteurs de la tribu Kanuri, détruisant des cultures prêtes à être récoltées.
« Plusieurs habitations ont aussi été incendiées », a expliqué à IRIN Isa Adamu Azare, le porte-parole de la police de Borno, lors d’un entretien téléphonique, depuis Maiduguri, la capitale de l’Etat.
Selon M. Azare, les nomades Shuwa ont accusé les agriculteurs Kanuri de sabotage en refusant délibérément de récolter leurs cultures pour priver le bétail des Shuwa de pâturages.
A en croire un habitant, les éleveurs nomades étaient armés lorsqu’ils sont entrés dans le village.
« Les éleveurs Shuwa sont arrivés à cheval dans le village, armés de fusils, de machettes, de poignards, d’arcs et de flèches », a expliqué Muhammad Nur, un chauffeur de véhicule commercial.
« J’ai vu au moins une quarantaine d’habitations en flamme, des femmes et des enfants fuir le village », a affirmé M. Nur, qui est aussi le secrétaire du syndicat des chauffeurs de véhicules commerciaux à Maiduguri.
« J’ai réussi à prendre à bord de mon véhicule trois personnes qui s’enfuyaient ; elles m’ont confié que les affrontements avait fait plus de 20 morts », a-t-il ajouté.
Toujours selon M. Azar, des agents de police armés ont été déployés dans le village et dans les zones voisines pour ramener le calme dans le village et des blessés ont été conduits au centre hospitalier universitaire de Maiduguri.
La police a par ailleurs arrêté 21 personnes et récupéré de nombreuses armes, a-t-il poursuivi.
Au cours des dernières années, les administrations locales ont mis sur pied des comités de réconciliation agriculteurs-éleveurs en faisant appel à l’arbitrage des chefs traditionnels. Néanmoins, pendant la saison agricole, l’accès aux pâturages donne toujours lieu à de violents affrontements.
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