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Durcissement des peines à l’encontre des trafiquants de drogue

Au terme de la nouvelle loi adoptée par l’Assemblée nationale du Sénégal, les trafiquants de drogue encourent désormais des peines de 10 à 20 ans de travaux forcés, près du double des peines prévues actuellement par le Code pénal.

« Nous allons prendre toutes les mesures pour combattre le trafic de drogue », a déclaré le ministre sénégalais de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, devant l’Assemblée nationale qui a adopté la loi le 30 novembre. Cette loi a également été approuvée par le Sénat, le 14 décembre.

La loi devra maintenant être promulguée par le président Abdoulaye Wade.

Le Sénégal et plusieurs pays voisins, en particulier la Guinée Bissau, sont devenus une plaque tournante du trafic de cocaïne de l’Amérique latine vers l’Europe, un trafic qui menace la stabilité et le développement de l’Afrique de l’Ouest, peut-on lire dans un récent rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).

Jusqu’à présent, les peines encourues par les trafiquants de drogue au Sénégal étaient de cinq à 10 ans, mais les autorités sénégalaises ont affirmé que la peine maximale était rarement requise à l’encontre des coupables.

Amado Philip de Andrés, directeur adjoint du bureau régional de l’ONUDC s’est félicité du durcissement des sanctions et a indiqué qu’il était important que les pays d’Afrique de l’Ouest se dotent d’une loi anti-drogue plus efficace.

Jusqu’ici, l’Afrique de l’Ouest n’avait pas constitué un front solide face aux trafiquants de drogue, en raison notamment d'un manque de moyens, a-t-il souligné. « Les narcotrafiquants pensent qu’ils peuvent corrompre les autorités en place [et s’en sortir] ».

IRIN a rencontré Abdou Latif Gueye, le député auteur de la proposition de loi.
« L’ancien Code des drogues [au Sénégal] était désuet et inadapté », a affirmé le député.

« Cette loi est un signal fort pour réprimer et dissuader les narcotrafiquants d’utiliser notre sous-région comme une passoire ».

Le ministre de la Justice, M. Sy, a déclaré devant l’Assemblée nationale que le combat contre le trafic de drogue commande une grande mobilisation de l’ensemble des forces vives de la nation, mais aussi l’implication de tous les pays de la sous-région.
« Si Dakar est une plaque tournante, c’est dû à son environnement », a souligné le ministre.

Selon l’ONUDC, 33 tonnes de cocaïne ont été saisies en Afrique de l’Ouest en 2005. Auparavant, les saisies annuelles de drogue dans toute l’Afrique dépassaient rarement une tonne.

Dans un récent rapport produit par l’agence onusienne, près de 27 pour cent de la drogue consommée annuellement en Europe transite par l’Afrique de l’Ouest.

sab/np/dh/ads


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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