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Le renforcement des troupes dans le Nord Kivu inquiète les acteurs humanitaires

Le renforcement des troupes congolaises dans deux régions de la province instable du Nord Kivu inquiète les acteurs humanitaires et pourrait empêcher ces derniers d’accéder aux populations déplacées par les combats, a indiqué un représentant des Nations Unies, le 2 octobre.

« Bien que la situation soit un peu plus calme dans la province, en raison d’une diminution des affrontements, ce renforcement des troupes nous inquiète parce qu’il pourrait nous empêcher d’accéder aux populations déplacées », a expliqué Eusèbe Hounsokou, représentant de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en République démocratique du Congo (RDC).

Des milliers d’habitants de la province ont été déplacés depuis la fin du mois d’août suite aux combats entre l’armée régulière de la RDC et les troupes fidèles au général déchu Laurent Nkunda, qui prétend défendre les droits des Tutsis de la région. Ces affrontements ont fait des dizaines de morts et provoqué le déplacement de milliers de civils.

Selon M. Hounsokou, un site de 28 hectares, situé à Buhimba, à 10 kilomètres de la Goma, la capitale de la province, était en train d’être aménagé pour accueillir au moins 1 900 familles déplacées.

« Nous pensons que le site sera prêt bientôt. Il prendra essentiellement en charge les nouveaux arrivants et les personnes qui avaient déjà été déplacées, mais qui s’étaient spontanément installées ailleurs », a souligné M. Hounsokou. « Le site peut accueillir entre 10 000 et 12 000 personne ».
Selon M. Hounsokou, le renforcement des troupes pourrait être une manœuvre militaire pour contraindre M. Nkunda d’accepter la réintégration dans l’armée.

« Le renforcement de la sécurité est évident ; c’est peut-être une manière de faire comprendre aux miliciens qu’ils doivent accepter le brassage [l’intégration dans d’autres brigades de l’armée] ; c’est peut-être aussi une manœuvre destinée à renforcer les effectifs de l’armée dans la région », a-t-il ajouté.

M. Hounsokou a assuré, toutefois, que l’aide humanitaire était parvenu à la plupart des déplacés internes de la province.

Dans son rapport de situation du 1er octobre, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) faisait état d’un relatif « apaisement de la situation sécuritaire dans la province, avec quelques affrontements mineurs signalés çà et là ces derniers jours », ce qui avait permis aux acteurs humanitaires d’accéder aux populations vulnérables et de leur fournir une aide.

« Une nouvelle procédure d’enregistrement, proposée par le HCR, sera mise en œuvre dans les prochains jours et appliquée à tous les déplacés internes des sites à l’ouest de Goma », a révélé OCHA. « Cette procédure permettra d’avoir des chiffres plus précis pour les prochaines distributions ».


Photo: MONUC

OCHA a tout de même noté que le renforcement des troupes de l’armée congolaise se poursuivait dans les régions de Masisi et de Rutshuru, au Nord Kivu.

« D’importants renforts de troupes des FARDC [Forces Armées de la République démocratique du Congo] ont été signalés à Katale [Masisi] depuis le 30 septembre », a affirmé OCHA.

Selon l’agence onusienne, quelques échanges de coups de feu ont été signalés les 29 et 30 septembre dans la région de Kimoka, à Masis, et aux alentours de Runyoni, près de la frontière ougandaise.

Toujours selon OCHA, 21 hommes armés, des ex-membres de la milice de Nkunda ou de la milice Mayi-Mayi, s’étaient rendus à la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC) pour participer aux opérations de brassage.

Citant l’organisation Médecins sans Frontières (MSF-Belgique), OCHA a révélé que près de 1 050 familles avaient été déplacées dans la ville de Masisi et que le Programme alimentaire mondial (PAM), Save the Children et MSF-Belgique avaient accepté de réaffecter provisoirement des rations alimentaires déjà pré-positionnées dans la ville de Masisi pour venir en aide à ces familles.

OCHA a également affirmé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait signalé des cas suspects de choléra, dont un mortel, dans la région Bunaga, proche de la frontière ougandaise. Les patients ont été dirigés vers le centre de santé local et l’International Rescue Committee envisagerait de « déployer bientôt des opérations dans la région ».

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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