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Troubles psychologiques liés à la rébellion dans le nord – humanitaires

Les travailleurs humanitaires présents au Yémen affirment soigner des habitants de la province nord de Saada qui ont développé des troubles psychologiques suite aux affrontements entre les forces gouvernementales et les militants du chef rebelle Abdul-Malik al-Houthi.

Le mouvement de rébellion, qui a d’abord commencé en 2004, s’est intensifié de nouveau au début de l’année 2007. De nombreux civils ont été tués et plusieurs maisons et exploitations agricoles ont été détruites au cours des récents affrontements qui ont fait des milliers de déplacés à Saada, ont souligné des travailleurs humanitaires.

Il n’y a aucune donnée précise sur le nombre d’habitations détruites ni sur les besoins essentiels des populations, puisque aucune évaluation des dégâts n’a été faite par le gouvernement.

Néanmoins, il y a eu un traumatisme psychologique chez certains habitants, ont indiqué les travailleurs humanitaires.

« La situation des familles déplacées est très difficile et certaines d’entre elles souffrent de troubles psychologiques. Même les enfants ont peur d’aller à l’école », a dit Mahfoud al-Kadam, chargé d’information à la Medical Charitable Association (MCA), une organisation non-gouvernementale yéménite basée à Sanaa, ajoutant que des médicaments de première nécessité avaient été distribués à la population locale.

Selon M. al-Kadam, il est difficile de donner plus de précision sur la nature des problèmes psychologiques, pour le moment, car les résultats de l’enquête ne sont pas encore disponibles.

Convoi médical

Le 24 septembre, la MCA a démarré un projet de convoi médical à Sahar, Majz, et al-Safra, trois régions durement éprouvées par les combats.

D’après la MCA, ce projet, d’un montant de quelque 27 millions de rials yéménites [environ 136 000 dollars], est financé par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et comprend notamment la création à Saada d’un dispensaire spécialisé dans la prise en charge des problèmes psychologiques.

A en croire M. al-Kadam, dans un premier temps, le projet formera 30 personnes, dont des spécialistes de la santé, à la prise en charge des problèmes psychologiques.

« Nous menons actuellement une enquête pour déterminer le nombre de personnes souffrant de troubles psychologiques », a-t-il affirmé.

Un autre groupe de 70 personnes sera ensuite formé pour prendre en charge les troubles psychologiques plus graves.

Le projet du convoi médical comprend trois équipes médicales, chaque équipe étant composée de deux médecins, deux pharmaciens, d’une infirmière, et d’un spécialiste de laboratoire. Des produits de première nécessité, dont des vivres, ont déjà été distribués à 2 000 familles - environ 15 000 personnes - dans les trois districts, a ajouté M. al-Kadam.

La rébellion a affecté le fonctionnement des services de base dans la province de Saada, qui ne dispose que de cinq structures sanitaires dans les régions rurales, et de deux autres dans la ville.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les affrontements ont provoqué le déplacement de près de 8 000 familles – environ 56 000 personnes. Plusieurs familles ont abandonné leurs habitations et leurs champs pour rejoindre Sanaa, la capitale du Yémen, selon le Social Democracy Forum, une ONG locale.

Malgré l’accord de paix signé à la mi-juin entre le gouvernement et les rebelles, des affrontements sporadiques continuent de semer la panique au sein de la population.

Les conditions de vie des déplacés

Plusieurs cas de malnutrition, de diarrhées et de dermatoses ont été détectés parmi les familles déplacées, a expliqué à IRIN Omar Mujali, directeur du service de santé de Saada. Des pathologies gastriques sont plus fréquentes, a-t-il souligné.

« La malnutrition et l’entassement des déplacés dans les tentes [chaque tente ayant une capacité d’accueil de sept à huit personnes] sont les causes principales de ces pathologies »

« La malnutrition et l’entassement des déplacés dans les tentes [chaque tente ayant une capacité d’accueil de sept à huit personnes] sont les causes principales de ces pathologies. Une telle promiscuité crée des conditions propices aux infections », a-t-il fait remarquer.

Les centres de santé des régions rurales n’étaient pas préparés à faire face à un tel afflux de déplacés. En conséquence, les centres de santé des régions où les déplacés se sont installés ont été débordés, a-t-il ajouté.

Selon M. Mujali, près de 70 pour cent des familles déplacées sont retournées chez elles. Il est difficile d’en fixer le nombre exact puisque les déplacés n’ont pas été répertoriés, a-t-il expliqué, tout en remerciant au passage les ONG internationales et locales qui ont envoyé des médicaments et des vivres.

Le CICR, le Programme alimentaire mondiale (PAM) et plusieurs ONG locales ont envoyé des convois d’aide humanitaire à Saada, depuis que les affrontements ont repris au début de l’année 2007.

A en croire M. Mujali, le ministère de la Santé a également fourni gratuitement des médicaments pour traiter des pathologies courantes telles que les diarrhées. Des vaccins contre la poliomyélite ont été distribués et trois centres de santé ont été créés pour les déplacés.

maj/ar/cb/ads/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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