Les rebelles du Darfour ont accusé les forces du gouvernement soudanais d’avoir bombardé Haskanita, une ville du nord du Darfour tombée aux mains des rebelles, à peine quelques jours après que le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, eut déclaré que Khartoum avait accepté de mettre un terme aux attaques menées dans la région.
Selon Abu Bakr Kado, commandant d’une faction du Mouvement de libération du Soudan (SLM–Unity), les forces du gouvernement ont lancé des attaques aériennes et terrestres contre la ville 10 septembre ; il n’a pas fourni aucun bilan des victimes.
« Les bombardements étaient nourris », a expliqué M. Kado, ajoutant que les forces du gouvernement avaient utilisé des bombardiers Antonov survolant à haute altitude, ainsi que des hélicoptères de combat. Selon lui, les bombardements coïncidaient avec un assaut terrestre mené par des centaines de soldats.
Les forces de sa faction et d’un autre groupe rebelle, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), ont repoussé l’attaque, selon M. Kado.
« Un certain nombre de soldats du gouvernement ont fui vers la base de l’Union africaine (UA) à Haskanita, mais nous en avons capturé 10, dont un brigadier », a-t-il déclaré.
L’armée n’était pas en mesure de commenter l’événement dans l’immédiat. Quant à M. Kado, il a expliqué que son groupe était prêt à libérer les soldats capturés pour faire preuve de bonne volonté. « Nous souhaitons les remettre au Comité international de la Croix-Rouge », a-t-il indiqué.
Haskanita se situe près de la région du Kordofan, au centre du Soudan.
Le mois dernier, les autorités soudanaises ont accusé les rebelles du MLS–Unité et du JEM d’avoir tué 41 personnes au cours d’une attaque contre la base des Forces de réserve centrales – une branche de la police – à Wad Banda, dans le Nord-Kordofan.
On ignore, dans l’immédiat, si Haskanita a été attaqué en représailles.
Ghazi Salah Eddin, conseiller présidentiel soudanais, a déclaré à la presse le 10 septembre que « l’armée ne resterait pas sans rien faire » face aux attaques de rebelles opposés à la paix.
Pourparlers de paix
Les violences ont repris au Darfour à peine quelques jours après que le gouvernement soudanais eut accepté de tenir « son engagement de mettre fin à l’ensemble des hostilités au Darfour, et de respecter le cessez-le-feu convenu ».
Le Soudan avait annoncé son engagement dans un communiqué publié conjointement avec les Nations Unies, au terme de la visite de M. Ki-Moon.
Photo: Simon Peter Apiku/IRIN ![]() |
| Ban Ki-moon à son arrivée à Khartoum, en septembre 2007 |
Avant de quitter Khartoum, M. Ki-Moon a annoncé que les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et les groupes rebelles du Darfour débuteraient le 27 octobre en Libye, sous l’égide des Nations Unies et de l’UA.
Il a une nouvelle fois exhorté toutes les parties à s’abstenir de tout acte susceptible de saper les efforts déployés en vue de mettre un terme au conflit qui sévit au Darfour depuis plus de quatre ans et demi, a coûté la vie à 200 000 personnes et forcé plus de deux millions d’autres à fuir.
Le gouvernement soudanais a promis de « contribuer positivement à assurer un environnement sans risque pour les négociations ».
Quant aux rebelles, ils se sont dits tout aussi engagés, mais ont averti que les attaques menées par les forces du gouvernement sur leur position semaient le doute sur l’engagement de Khartoum en faveur de la paix.
« Nous sommes engagés à respecter l’accord de cessez-le-feu signé à N’djamena, au Tchad, en 2004 », a déclaré M. Kado, ajoutant néanmoins que l’attaque d’Haskanita pourrait avoir un « impact négatif » sur le processus de paix.
La plupart des groupes rebelles ont accepté de participé aux pourparlers de paix avec le gouvernement, mais l’un des principaux chefs rebelles, Abdul Wahid Mohammed Nour, fondateur du Mouvement de libération du Soudan (SLM), a posé un ensemble de conditions à remplir pour qu’il accepte d’y participer.
Une délégation de haut niveau dépêchée par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), l’ancien groupe rebelle du sud du pays, est arrivée à Paris, où vit M. Nour, le 10 septembre pour le persuader de prendre part aux pourparlers.
Le SPLM, qui administre le Sud-Soudan, a formé un gouvernement d’unité nationale avec Khartoum en 2005, après que les deux parties eurent signé l’Accord de paix global qui a mis fin à plus de deux décennies de conflit entre le nord et le sud.
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