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Pourparlers sur une feuille de route pour la paix au Darfour

Les Nations Unies et l’Union africaine (UA) s’apprêtent à rencontrer les principaux acteurs régionaux et internationaux du conflit qui sévit au Darfour, dans l’ouest du Soudan, afin d’élaborer un plan de paix dans cette région en proie à la violence depuis plus de quatre ans.

La rencontre, qui se tiendra en Libye les 15 et 16 juillet intervient quelques jours après une déclaration des Nations Unies, selon laquelle les violences au Darfour ont fait 160 000 déplacés de plus depuis le début de l’année 2007, et ont porté à 4,2 millions – soit près des deux tiers de la population – le nombre de personnes dans le besoin.

« Les incidents de sécurité impliquant des déplacés internes ont plus que triplé », pouvait-on lire dans un communiqué publié à New York par le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Il est particulièrement inquiétant de constater que les attaques menées à l’encontre de la communauté humanitaire ont augmenté de 150 pour cent au cours de cette dernière année », selon le communiqué. « En juin, un convoi sur six au départ des capitales provinciales du Darfour a été détourné ou pris dans une embuscade ».

Les pourparlers, qui doivent avoir lieu à Tripoli, la capitale libyenne, porteront sur une « feuille de route » pour la paix au Darfour, conçue de concert par Jan Eliasson, envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour, et son homologue de l’UA, Salim Ahmed Salim.

Des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, de l’Union européenne, des principaux pays donateurs et des pays voisins du Soudan ont été invités.

La feuille de route, élaborée après plusieurs consultations intensives des parties prenantes au conflit, présente dans les grandes lignes une approche en trois phases qui devrait, selon les Nations Unies et l’UA, aboutir à l’engagement de pourparlers de paix entre le gouvernement de Khartoum et les rebelles du Darfour.

La première phase du plan vise à placer toutes les initiatives de paix sous l’égide des Nations Unies et de l’UA. La deuxième phase, ou phase de pré-négociation, consiste à réunir les conditions nécessaires au lancement de négociations de paix – la troisième phase.

De plus en plus de violences

Un seul des trois groupes rebelles participant aux négociations a signé un accord avec le gouvernement, à Abuja, la capitale du Nigeria, l’année dernière.


Photo: Tim McKulka/UNMIS
Jan Eliasson, envoyé spécial des Nations Unies pour le Darfour (2ème à droite), et Salim Ahmed Salim, son homologe de l'Union africaine (à gauche), arrivent au Darfour pour des discussions de paix avec des chefs rebelles en février 2007
Depuis lors, les groupes rebelles se sont divisés en plusieurs factions et, selon les Nations Unies, l’UA et les travailleurs humanitaires, cela s’est soldé par une recrudescence des violences, les chefs rebelles ayant perdu toute autorité sur leurs combattants.

Selon OCHA, plus de 35 convois de secours d’urgence ont été pris dans des embuscades et pillés depuis le début de l’année, et quatre Darfouris qui travaillaient pour des organisations humanitaires ont été tués.

Depuis janvier, 64 véhicules utilisés par des organisations ont été détournés, et 132 travailleurs ont été temporairement retenus, souvent sous la menace d’une arme.

« Nous continuerons à adapter nos opérations pour assurer que les populations les plus vulnérables du Darfour reçoivent au moins un minimum d’aide d’urgence », a déclaré John Holmes, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies.

« Mais ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’un cessez-le-feu effectif. C’est possible – les groupes rebelles et le gouvernement peuvent et doivent à présent choisir de mettre fin à la violence », a-t-il ajouté.

Onze soldats de l’Union africaine ont également été tués. Selon certains observateurs, les troupes sous-financées et sous-équipées de l’UA, qui sont arrivées dans la région en 2004 pour surveiller la trêve, ont dans l’ensemble été incapables de mettre fin aux violences.

Le mois dernier, le Soudan a accepté le déploiement d’une force hybride de 20 000 soldats et policiers, mais l’opération ne devrait pas être mise en place avant l’année prochaine.

Au moins une faction rebelle, le Mouvement de libération du Soudan, dirigé depuis Paris par Abdel Wahid Mohammed al-Nour, a déjà déclaré qu’elle ne reconnaîtrait pas l’issue de la rencontre de Tripoli.

Le conflit du Darfour a éclaté lorsque des rebelles, principalement non-arabes, ont pris les armes au début de l’année 2003, accusant le gouvernement central de marginaliser leur région. Le gouvernement a réagi en armant des milices pour contrer la rébellion, mais ces milices ont été accusées de faire régner la terreur au sein des populations locales.

Quelque 13 000 travailleurs humanitaires ont été déployés aux quatre coins de cette vaste région, pour tenter d’aider les populations touchées en leur apportant des secours d’urgence. Ceux-ci sont, pour la plupart, acheminés par hélicoptère, une méthode coûteuse, qui permet néanmoins de poursuivre les opérations en dépit de la situation de sécurité instable.

eo/sa/mw/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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