Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit s'assurer que la décision du Soudan d'accepter le déploiement au Darfour d’une force hybride, composée de forces de l’Union africaine (UA) et des Nations Unies (ONU), soit immédiatement suivie d'effet, a plaidé l'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW).
Contrairement à ses précédentes prises de position, le Soudan a accepté le 12 juin le déploiement d’une telle force dans la région occidentale instable du Darfour.
Dans un communiqué publié avant le début de la tournée des membres du Conseil de sécurité dans plusieurs pays d’Afrique, dont le Soudan, à partir du 14 juin, HRW a appelé la communauté internationale à se montrer plus ferme vis-à-vis du gouvernement soudanais.
« Il est essentiel que le Conseil de sécurité s’assure que l’acceptation du gouvernement soudanais du déploiement ‘rapide’ d’une force mixte UA-ONU soit suivie d’effet immédiat », a estimé l'organisation.
« Les autorités soudanaises continuent de commettre des crimes au Darfour en toute impunité », a expliqué Peter Takirambudde, directeur Afrique de HRW. « Le Conseil de sécurité doit exiger de Khartoum qu’il mette fin à ses tactiques dilatoires et commence à protéger sa population ».
L’acception par le Soudan du déploiement d’une force hybride a été annoncée à la fin d’une conférence à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, conférence au cours de laquelle deux options avaient été retenues pour déterminer les effectifs de la force militaire qui sera déployée.
La première option prévoit le déploiement d’une force de 19 555 hommes, alors que la deuxième en envisage 17 605. La composante police devrait comprendre 3 772 agents.
« Si nous devons nous en tenir aux conditions fixées pour le déploiement de la force hybride, la situation au Darfour changera de manière radicale », a déclaré Mutrif Siddig, le sous-secrétaire soudanais aux Affaires étrangères. « Cela ne minimise pas pour autant la nécessité d’accompagner ce déploiement par une action politique qui permettra de s’attaquer aux causes réelles du problème et de poser des fondements solides pour une résolution pacifique du conflit du Darfour ».
Toutefois, a-t-il indiqué, le Soudan préférerait que la force hybride soit majoritairement composée d’Africains.
« Le recrutement des éléments de la force hybride [devrait] privilégier la présence d’Africains dans toutes ses composantes : militaire, police et civile. Toutefois, si nous ne parvenons pas à atteindre les effectifs requis ou à remplir les conditions fixées, les trois parties décideront de compléter les effectifs manquants en faisant appel aux pays retenus en dehors de l’Afrique », a-t-il dit.
Saïd Djinnit, commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité, a estimé qu'« il reviendra à l’UA et à l’ONU de choisir l’option la plus appropriée, en fonction d’un certain nombre de critères, notamment la disponibilité des troupes et du matériel. Le choix d’une force de 17 000 hommes repose plus sur la disponibilité des moyens de transport [et] de la mobilité aérienne. Si nous n’avons pas ces moyens, il nous faudra alors disposer de plus de troupes ».
Le déploiement de la force hybride est la troisième étape d’une opération en trois phases. Elle vise à remplacer la force de 7 000 hommes de la Mission de l’Union africaine au Soudan (AMIS) déjà déployée sur le terrain, une force sous-équipée qui s’est révélée jusqu’ici incapable de mettre fin au conflit du Darfour.
La première phase, « programme d’appui léger », a permis de financer à hauteur de 21 millions de dollars la composante logistique, apport en personnel, équipement et aide humanitaire de l’opération. La deuxième phase, « soutien renforcé », a permis de débloquer une contribution de 289,9 millions de dollars pour appuyer l’action de l’AMIS.
Le récent accord d’Addis-Abeba a été obtenu après des mois de polémiques autour des propositions faites pour le renforcement de l’action des forces internationales de maintien de la paix au Darfour.
Le conflit, qui a éclaté en 2003, a fait plus de deux millions de déplacés – près d’un habitant sur trois – au Darfour, vivant pour la plupart dans des camps de réfugiés. Près de 230 000 autres réfugiés vivent actuellement au Tchad voisin.
La semaine dernière, l’ONG anglaise Oxfam avait affirmé que depuis le début du conflit, la recrudescence des attaques dans la région avait considérablement réduit les possibilités d’accès des travailleurs humanitaires aux populations vulnérables.
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