Et ces nouvelles manifestations font craindre une reprise des affrontements.
« Nous voulons prendre les armes et corriger les erreurs commises par ceux qui tentent de réduire au silence et de tuer M. Bemba », a lancé un militant avant que la police ne disperse les manifestants.
A la suite de rapports faisant état de l’incendie de lundi dernier, le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a appelé au calme. « Toute incitation à la haine et à la violence pendant la période électorale est inacceptable », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de M. Annan.
Après la proclamation des résultats du premier tour des présidentielles, le 21 août, des accrochages ont eu lieu au centre de Kinshasa entre les hommes de la garde de Jean-Pierre Bemba et de celle de Joseph Kabila, le candidat sortant, et ont fait au moins 23 morts. Le deuxième tour des présidentielles, qui opposera M. Bemba à M. Kabila, est prévu pour le 29 octobre prochain, au même moment que les élections législatives.
Selon les partisans de M. Bemba, l’incendie est un acte délibéré pour torpiller la campagne de leur leader.
M. Bemba n’a pour l’instant pas fait de commentaire sur l’incendie. « Nous ne pouvons pas dire qu’il s’agit [d’un incendie criminel] ou d’un accident avant d’avoir les résultats de l’enquête », a souligné mardi Moise Musangana, le porte-parole de M. Bemba.
Les deux stations de télévision et la station de radio étaient installées dans un immeuble de quatre étages appartenant à M. Bemba. « Tout l’équipement des stations a été détruit et il n’y a plus rien à récupérer » a ajouté M. Musangana.
En août dernier, la garde de M. Kabila avait également détruit un hélicoptère appartenant à M. Bemba. Pour M. Musangana, sans moyens de déplacement pour accéder aux régions reculées et sans couverture médiatique, la campagne de M. Bemba est sérieusement compromise ».
Selon certains observateurs, les violents incidents pourraient se multiplier avec l’approche des élections. « Il faut craindre que la population ne se comporte comme si elle se préparait à la guerre plutôt qu’à aller au deuxième tour des élections », a expliqué Philippe Biyoya, un professeur de sciences politiques et de droit constitutionnel à l’Université protestante du Congo.
Comme la plupart des analystes, M. Biyoya pense que les adversaires de M. Bemba s’en prennent aux outils de sa campagne électorale et ont en partie réussi leur coup. Seulement, précise M. Biyoya, de telles actions peuvent produire l’effet inverse. « Si la population considère que M. Bemba est persécuté, elle pourrait choisir de voter massivement pour lui ».
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