« Je pense que dans les prochains mois on peut envisager un retour à la normalité au Congo et dans le nord de l’Ouganda et une action de la communauté internationale en faveur de la paix et la stabilité dans ces pays », a déclaré M. Egeland lors d’une conférence de presse tenue à Nairobi, à l’issue d’une tournée de huit jours qui l’a mené successivement en RDC, au nord de l’Ouganda et dans le Sud Soudan.
Selon M. Egeland, les nouveaux appels de fonds seront destinés à des programmes de réhabilitation plutôt qu’à l’aide humanitaire d’urgence. « Dans tous les appels de fonds [de l’ONU] pour le Congo, l’Ouganda, le Sud Soudan, le Burundi et le Rwanda, la priorité a été donnée aux opérations de réhabilitation, au retour des réfugiés et des déplacés et à l’amélioration des moyens de subsistance des populations », a-t-il ajouté.
Cependant, a-t-il déploré, il ne sera peut-être par facile d’obtenir des fonds pour financer les programmes de réhabilitation. « Je crains que nous n’obtenions pas les fonds nécessaires au financement de ces programmes, après la généreuse contribution des bailleurs aux opérations d’aide humanitaire d’urgence. Nous n’avons pas les moyens d’accueillir les déplacés internes et les réfugiés et l’argent fait parfois défaut pour financer certaines opérations humanitaires de base. Au Congo, par exemple, nous n’avons pas assez d’argent pour acheter des vivres jusqu’à la fin de l’année », a conclu M. Egeland.
En 2007, il faudra chaque mois sept millions de dollars américains pour financer l’aide humanitaire en RDC.
Avec la fin probable du conflit armé dans le nord de l’Ouganda, M. Egeland s’apprête à lancer un nouvel appel à l’aide internationale. « Nous préparons un appel de fonds pour 2007 que je lancerai avec le Secrétaire général des Nations unies [Kofi Annan] à la fin du mois de novembre », a-t-il révélé lundi avant de quitter Kampala, la capitale de l’Ouganda.
Lors d’un entretien avec les autorités congolaises en RDC, M. Egeland a insisté sur la nécessité de mettre fin aux violences sexuelles faites aux femmes dans la région est affectée par la guerre.
Concernant le nord de l’Ouganda, M. Egeland a fait remarquer que la région n’était plus considérée comme la crise humanitaire la plus oubliée, car le renforcement de la sécurité a permis aux travailleurs humanitaires d’accéder aux populations vulnérables. Toutefois, a-t-il souligné, des dizaines de milliers de personnes continuent de vivre dans des conditions sous-humaines dans des camps de déplacés internes et ont besoin d’une aide pour un retour volontaire dans leur village.
Interpellé par des représentants de l’armée de libération du Seigneur (LRA), à propos des poursuites judicaires engagées par la Cour pénale internationale contre cinq des leaders, M. Egeland a tenu a les rassurer en leur indiquant que les mandats d’arrêts de la Cour n’arrêteront pas le processus de paix.
« Nous avons convenu avec les victimes [de guerre] que justice doit être rendue. Et elle le sera de sorte à ne bloquer ni le processus de paix, ni le processus de réconciliation. Je suis persuadé que c’est ce qui se passera », a indiqué M. Egeland pour qui les mises en accusation ont été un facteur favorable au processus de paix plutôt qu’un obstacle.
Au cours de sa visite dans le nord de l’Ouganda, M. Egeland a indiqué qu’il a été informé de certaines exactions commises par les troupes gouvernementales sur les populations civiles. Lors de sa rencontre avec les autorités ougandaises à Kampala, il a insisté sur le fait que les auteurs de tels actes devraient être punis.
M. Egleland a également déploré qu’en RDC uniquement, quelque quatre millions de personnes sont mortes des suites de la guerre ou par négligence au cours des huit dernières années.
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